Monday, July 12, 2010

Comment ne pas devenir un faux-prophète


Vrai gourou pour faux disciple ?

Etre illuminé dans le sens péjoratif du terme ou être possédé, quelle est la différence ? D’un point de vue général, l’on pourrait presqu’affirmer que les êtres humains ordinaires sont tous possédés. Bien entendu, il ne s’agit pas de personnes sous l’emprise d’entités malveillantes, mais simplement d’êtres normaux, illusionnés par leur propre psychisme qui leur retourne la charge de leur désir comme un miroir. Comment ce mécanisme d’auto-illusion se développe-t-il au point de rendre la personne esclave de ses illusions mentales ?
Ce phénomène ne relève pas de la psychiatrie ni de l’envoûtement.
Il ne s’agit pas de maladie mentale mais d’un état d’être très répandu dont la situation est parfaitement résumée par la formule « prendre ses désirs pour la réalité ». Nous en sommes tous là !

C’est donc un mécanisme psychologique normal et généralisé qui exprime un désir compensatoire de l’âme voulant s’épanouir dans un autre genre d’existence.
Lequel d’entre nous ne fait-il pas des rêves éveillés où il se met en scène sur l’écran de son imagination à l’aide d’attitudes gratifiantes ? L’image que nous avons de nous-mêmes est loin de ce que les autres en perçoivent. Il y a là une source de malentendus constante.
Qui n’a jamais formé l’espoir de parvenir à un succès dans le domaine de son choix, et de mener une vie où ses rêves deviendraient la réalité ? C’est là un processus naturel auquel personne n’échappe, car l’expérience humaine est conditionnée par la quête permanente d’une évolution vers un état de vie plus sécurisant et épanouissant.
L’espoir fait vivre, mais lorsque notre ambition est disproportionnée par rapport aux possibilités offertes et à nos capacités réelles, l’on peut craindre que notre esprit ne finisse par s’inventer une série de scénarios où il jouera un plus beau rôle que dans la réalité. Cette vie imaginaire est généralement sans conséquence mais certaines personnes glissent vers une forme d‘auto-illusion qui peut se communiquer à leur entourage. « Ah, si l’on m’avait donné ma chance ! » « j’ai toujours pensé que tu étais un génie méconnu ! » « Ah, si ma mère m’avait acheté un piano, je serai devenu virtuose ! » « Moi, j’ai raté ma vocation ! »

Après l’instinct de conservation ou de reproduction, l’un des moteurs les plus puissants du désir existentiel est le goût du pouvoir, car il est supposé nous procurer une sécurité définitive. L’ambition et le désir d’être reconnu en découlent. Cela exprime une pulsion primitive nécessitant de lutter âprement pour la satisfaire, y compris en marchant sur les autres. Par les titres, le succès et la promotion professionnelle et économique, la société procure des voies de réalisation sociale à l’ambitieux qui veut se hisser au-dessus du panier. La réussite est une question d’effort et de persistance à moins que l’âme n’ait programmé un sort contraire.

En dehors de la filière sociale et professionnelle, la réussite est difficile, et il faut alors rechercher la reconnaissance dans un domaine artistique, sportif, humanitaire, politique ou spirituel par le biais d’un réseau ou d’une organisation. L’individu isolé risque de rester enfermé dans ses rêves s’il ne parvient pas à attirer l’attention sur sa personne.
La plupart du temps, notre désir de pouvoir est latent, non exprimé, si ce n’est dans un cercle restreint d’amis ou de parents. Souvent, l’idéal intérieur demeure caché aux proches car les circonstances ne lui offrent pas d’espace pour se révéler dans sa plénitude. L’aspiration reste alors un fantasme. Le désir demeure secret, et rien ne permet de passer à l’acte.

C’est pourquoi la plupart des gens baissent la tête et mastiquent leur rêve comme un vieux chewing-gum qu’on finit par recracher lorsqu’il est devenu fade.
On cherche un exutoire ou bien l’on continue à se faire du cinéma jusqu’à la fin de sa vie en attendant un miracle. Qui n’attend pas un petit miracle ?
Les gens apprennent à accepter la réalité à partir des sévères leçons de l’existence, et ils finissent par oublier leurs rêves de jeunesse. On se fait une raison quand rien ne paraît réalisable. On oublie.

Certains tempéraments, plus ambitieux et volontaires, et sans doute caractériels, n’ont pas emprunté la filière sociale conventionnelle, et ils ne peuvent refouler leur désir de reconnaissance. Alors, en l’absence d’une opportunité qui pourrait se présenter naturellement, ils accumulent une telle charge de tension que leur image d’eux-mêmes peut se sublimer à leur propres yeux. Ils en viendront à imaginer un scénario de réussite plus ou moins grandiloquent.

Ils parviennent à projeter leur lubie sur leur entourage pour qu’il y adhère. Ces êtres parviennent à faire admettre aux autres l’image idéale qu’ils se sont formés d’eux-mêmes. Ils savent charmer leur monde.

Le cas de celui qui se destine à devenir un gourou est complexe. Il doit avoir sincèrement la foi en des forces supérieures auxquelles il s’identifie. Il doit disposer d’un fort potentiel de créativité ne s’exprimant pas par les voies conventionnelles dans notre société occidentale où la spiritualité est si refoulée qu’elle se cache dans la marge.

Le gourou occidental - contrairement à son collègue oriental, traditionnellement intégré socialement - apparaîtra comme un original ou un illuminé. Il devra alors s’imposer par une surenchère d’originalité pour focaliser l’attention sur lui. Sans public, pas d’artiste.
La spiritualité et le paranormal offrent un champ d’imagination infini car les domaines de l’irrationnel ne sont pas supposés se soumettre à la vérification et à la logique.

Un candidat gourou qui parvient à rassembler autour de lui un groupe de disciples attirés par son panache ou le caractère merveilleux de ses révélations, va se retrouver sous une double emprise : il subira d’abord l’auto-hypnose de sa propre force imaginative qu’il a poussé au paroxysme, et d’autre part, il peut tomber sous le contrôle d’entités occultes qui ont été attirées par son magnétisme.

A l’image de notre société fonctionnelle et bureaucratisée, le monde de l’invisible ne laisse pas beaucoup d’espace à la liberté d’entreprise, et l’on surveille d’en-haut les francs-tireurs de la spiritualité.

Sachant que la plupart des gourous ne sont pas légitimement investis d’une mission supérieure mais qu’ils se sont auto-proclamés guides ou instructeurs spirituels de leur propre chef, il faut comprendre que deux facteurs sont opérants dans leur réussite : premièrement, le regard admiratif des fidèles de la première heure, et deuxièmement, l’obombrement psychique par des entités invisibles. (Etre « obombré » signifie être placé sous un contrôle occulte qui s’immisce en nous sans que nous le sachions)
Ces gourous finissent par être sincèrement convaincus de la légitimité de leur mission, au demeurant souvent originale et d’un niveau spirituel plus élevé que les professionnels des religions officielles, lesquels n’aiment pas cette concurrence sauvage. Car, dès le début, le gourou va se conduire comme un prêtre investi d’une charge sacerdotale.

Le gourou qui n’est pas entièrement convaincu de sa légitimité, aura du mal à en convaincre autrui. C’est pourquoi il est faux de considérer la vocation de gourou uniquement sous l’angle du charlatanisme. On ne peut mentir en permanence à des disciples qui vous ont à l’œil continuellement, épiant le moindre de vos faits et gestes. On peut tricher un peu pour entretenir la foi et l’espérance, mais on ne peut frauder depuis le début.

Le centre psychique où se concentre l’énergie de son « auto-envoûtement » est chez l’apprenti gourou un foyer de conscience qui n’est pas actif chez l’homme ordinaire. C’est de ce centre psychique appelé par la tradition ésotérique le « soi supérieur » - le surmoi de la psychanalyse – que l’individu qui a opéré un contact avec ce centre en y accumulant la tension de son désir de réalisation, pourra recevoir une prise en charge, qu’on confond avec un état de grâce religieux ou un déversement de puissance magique. La tradition mystique fourmille d’exemples de ces illuminés – qui devinrent des saints reconnus - qui se sont crus en contact avec Jésus ou la Vierge Marie, à la suite d’une liaison avec leur soi-supérieur qui est le miroir magique de la projection de notre désir.

Dans les conditions normales de l’existence, l’être humain est protégé de ses fantasmes supérieurs, sauf s’il y a investi de manière obsessionnelle toutes ses forces depuis longtemps, ce qui peut opérer une cristallisation de l’image de son désir. Cette image se manifestera selon son conditionnement religieux de base. Son désir reviendra sur lui en tant que réalisation de son aspiration. Il aura la vision de ce qu’il désire, entendra des voix, ou se sentira investi d’une force divine ou d’une mission grandiose.

Une personnalité forte dispose de la charge psychique d’un soi supérieur puissant. La répétition d’innombrables pensées de réussite focalisées dans une direction donnée, finira par générer une concentration de force qui deviendra autonome et échappera à la personnalité consciente. Celle-ci, à l’image de l’apprenti-sorcier, se retrouvera subjuguée par une puissance qu’elle a elle-même accumulée, et dont elle a perdu le contrôle en franchissant la limite d’un développement naturel.

L’excès produit des résultats, mais la structure de l’âme en incarnation n’autorise pas à franchir sans risque certaines bornes. Dans un premier temps, l’emprise du soi supérieur est confondue avec les représentations traditionnelles de l’illumination spirituelle. Or, il s’agit généralement d’une liaison avec le plan astral produisant un auto-envoûtement et une illusion mentale supérieure.

L’individu ambitieux ou inconscient qui entre en contact avec l’invisible sans avoir purifié son être de l’égocentrisme, tombe sous une emprise égocentrique supérieure. Comment peut-il en être autrement ? Ce processus est implacable.

Après des années d’aspiration, et même après plusieurs incarnations de tension dans une certaine direction, l’être obnubilé par son désir d’élévation, ou sa lubie mystique, finit par déclencher en lui une décharge magnétique si puissante qu’il croit que le but ultime est atteint, et qu’il est entré dans le cercle des initiés et des maîtres. Bien au contraire, avec son ego non renouvelé et chargé de karma, il est loin du compte. Il est même dans une très mauvaise passe dont il ne pourra sortir qu’après plusieurs incarnations de lutte en sens inverse afin d’effectuer le détachement de son ambition égocentrique démesurée.
Dans les circonstances de la vie ordinaire, l’ambition et le désir de puissance ne mobilisent que les facultés naturelles de la personnalité. Mais dans le cas d’une illusion mystique comme celle qui consiste à se croire parvenu à un état de sainteté ou à un degré d’évolution supérieure, le soi supérieur mis sous tension, prendra le relais et se connectera par affinité à un foyer d’énergie invisible. Cela procurera à la personne le sentiment d’être inspirée par une puissance sacrée.

Dans ce cas, des phénomènes paranormaux jugés miraculeux par les observateurs naïfs, pourront se manifester. Tel mystique sous contrôle de son soi supérieur, aura des visions ou démontrera des facultés comme la possibilité de jeûner indéfiniment, se dédoubler, et d’autres pouvoirs étranges et anormaux, au demeurant absolument inutiles si ce n’est pour briller dans un cirque . Ces pouvoirs n’ont jamais été des signes de libération, et bien au contraire, ils sont les symptômes d’une emprise occulte rétrograde.

N’allons pas croire que c’est par ignorance ou par souci de protéger leurs ouailles que les autorités religieuses ont toujours mis en garde contre les phénomènes paranormaux ! Non, la raison des chefs du corps ecclésiastique est de ne pas se laisser déborder par des apprentis occultistes plus puissants qu’eux.

Depuis des siècles, d’innombrables expérimentateurs anonymes se sont entraînés de manière quasiment héroïque pour parvenir à un développement mystique ou occulte. Lorsqu’un certain résultat finissait par se manifester dans les conditions d’anormalité psychique que nous venons de décrire, ils se sont crus sincèrement inspirés par des « puissances divines », et ils ont fondé leur autorité sur cette expérience.

Il est impossible à un être qui tombe sous la coupe de son « moi supérieur » en relation avec des entités invisibles, de savoir avec précision s’il est sous l’influence d’entités bénéfiques ou d’esprits qui veulent vampiriser son potentiel énergétique personnel ou celui de ses disciples.

Les entités de l’invisible peuvent se dissimuler sous l’apparence angélique ou l’identité prestigieuse d’un grand sage. Or, dans l’univers spirituel régulier, les grands êtres ne consentent à aider que celui qui a démontré son intention de se purifier et de se transformer dans un sens profondément moral. Dans le cas contraire, les humains qui recherchent un pouvoir supérieur ou qui sont habités par un désir spirituel entaché d’égoïsme, seront contactés par des entités de même nature. Le semblable attire le semblable.

Comment peut-il en être autrement ? C’est pourquoi les occultistes prétendent toujours être en contact avec des forces lumineuses, car il faut sauver la face. On trouve rarement un channel qui avoue être l’instrument d’un démon, y compris lorsque ce démon parle au nom de l’Archange Mickaël. Soyons clair, aucun archange ou ange de lumière ne transmet de message en dehors de la fraternité des grandes intelligences qui surveillent la situation planétaire. Lorsque ces grands êtres veulent travailler avec un être humain, ils forment un instructeur qui a été longuement préparé depuis son jeune âge, et qui est libéré de toute attache égocentrique. En clair, ils utilisent l’un des leurs, un être parfaitement libéré.
Rares sont les illuminés, les gourous ou les channels qui avoueront être au service de puissances inférieures ou rétrogrades.

Dans le cas de ceux qui prétendent être des phares spirituels, leur auto-illusion est entretenue par des entités lumineuses se faisant passer pour des anges ou de grands esprits désincarnés.

Le gourou ainsi illuminé, sera très convaincant, et ses disciples croiront être guidés par un authentique médiateur du divin. Mais s’ils pouvaient voir la véritable personnalité de leur maître sur le niveau astral, le spectacle aurait plutôt de quoi les épouvanter. Un observateur attentif remarque très vite à qui il a affaire en matière de spiritualité, mais on peut parfois tomber sous le charme, et la flatterie aidant, on peut se sentir transporté dans l’ineffable alors qu’on vient de se faire proprement harponner par un requin de l’occulte.

Dans ce monde d’apparence, pour faire autorité, il est indispensable que le gourou se réfère à une puissance supérieure à lui-même. Le principe de l’autorité est la racine de l’illusion. C’est pourquoi, pour « cacher la misère », des « initiés » se réfèrent à une autorité invisible, soit en s’intitulant « canal » du divin, ou bien en se présentant comme l’incarnation corporelle d’un être « divin ».

Les « maîtres de sagesse », les « guides de lumière » ou les anges sont généralement cités comme étant la source de l’inspiration spirituelle. Mais depuis quelques années, la vogue est aux extraterrestres dont l’avantage est de constituer une autorité d’une crédibilité plus scientifique. Certains mêlent l’occultisme à papa avec la science-fiction, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives au rêve et à l’imaginaire spiritualiste.

Dans tous les cas, on peut raconter ce qu’on veut car les « messages célestes » ou les instructions télépathiques en provenance d’en-haut sont invérifiables.

Il faut étudier attentivement les écrits du messager des dieux pour en détecter l’origine. On reconnaît l’arbre à ses fruits. Il s‘avère que la plupart des messages des contactés sont creux, et qu’ils témoignent plutôt d’une stratégie de désinformation.

Souvent, la révélation transmise à l’initié est un effet miroir de sa propre projection et de son désir d’accomplissement. Dans la mesure où des entités invisibles s’en mêlent, il ne peut plus discerner qu’il est devenu la proie d’un contrôle occulte.

Sa conviction en sera même décuplée, car cette fois, il est réellement en contact avec les forces subtiles qu’il a attiré. S’en libérer sera difficile car son moi supérieur est identifié à l’entité invisible qui l’a accroché.

Parfois, il aura la sensation d’une emprise et dans ces moments de flottement, ses disciples émettront des doutes qui mettront le gourou en alerte. Il aurait pu commettre des maladresses, relâcher le contrôle de son comportement, et son masque a pu tomber. Il est vulnérable s’il a des habitudes sensuelles qu’il ne peut dissimuler, des attachements matériels, ou s’il a pris l’habitude de prédire des événements qui n’arrivent jamais.
Dans tous les cas, l’esprit-contrôle du gourou inventera une justification habile ou écartera les disciples trop curieux. Pour un gourou qui a constitué un égrégore suffisamment important, sauver la face n’est pas un problème car ses vices exposés publiquement peuvent servir à renforcer son autorité en interne, s’il sait faire comprendre à ceux qui le suivent qu’il les met à l’épreuve par ses facéties.

Un gourou pris la main dans le sac, retournera habilement la situation en justifiant son absolu détachement des conventions mondaines. On a connu des maîtres de fraternités plus blanches et plus universelles que les autres, qui avaient le caprice de faire passer une sorte de visite médicale à leurs jolies disciples. Les fidèles en déduisaient que ce déshabillage servait à confirmer l’état spirituel de la jeune femme ou du garçon choisi par le maître. On prétend qu’un certain gourou a l’habitude de réveiller la « kundalini » de ses disciples mâles d’une manière plutôt érotique.

Ces rumeurs n’ont jamais cessé de circuler dans les couloirs des ashrams depuis qu’un grand saint avait l’habitude d’entrer en extase en flattant du pied le pénis d’un jeune disciple pendant sa méditation. On en raconte des choses…

Les rumeurs les plus saugrenues poursuivent la plupart des gourous contemporains, mais il faut remarquer pour leur défense que les sollicitations auxquelles ils font face sont à la mesure des fantasmes qu’ils génèrent chez leurs disciples et chez leurs détracteurs.

La spiritualité est un monde merveilleux où les miracles sont possibles et parfois réels. Les disciples n’en demandent d’ailleurs pas tant, car le rêve leur suffit.

Le faux prophète le plus fort est celui qui sait faire rêver le rêve le plus sublime.
Ce n’est pas si simple, et nombre d’apprentis sur le chemin de la consécration du gourou ne réussiront pas dans la profession envisagée, car ils manquent d’envergure et d’imagination.
Si le soi supérieur du gourou est connecté avec une entité invisible d’un assez bon niveau, l’opération de séduction peut être un succès, d’autant que le « maître » s’est persuadé lui-même de sa valeur et de sa haute mission. Ajoutons, qu’il faut parfois quelques complicités dans les milieux des services secrets pour devenir célèbre. Il y aurait fort à dire sur les « seconds » de certains gourous. Ceux qui font l’interface avec le public, les chargés des relations publiques sont quant à eux souvent placés sous un contrôle policier et militaire qui n’a rien d’occulte. Il est très intéressant de découvrir comment des services secrets alliés quoique concurrents se partagent la direction politique d’une organisation spirituelle ou religieuse d’envergure internationale. Le gourou est souvent hors jeu, et on le restimule dans ses fantasmes pour que la maison continue à tourner.

Emettre un jugement de valeur sur des personnes qui se croient investies d’une haute mission est vain car le gourou comme ses disciples se moquent de l’avis d’un profane extérieur au groupe des élus. Mais, puisque l’offre et la demande implique la prolifération d’instructeurs spirituels de tous les niveaux, on peut appliquer quelques critères de discrimination avant de s’élancer inconsidérément derrière l’homme qui a vu l’ange qui a vu Dieu.

Un leader mystique prisonnier de la double illusion de son surmoi et de l’influence d’un esprit contrôle, s’entourera de personnes semblablement prédisposées. Les suiveurs seront par conséquent sourds à tout avertissement et ne voudront pas en discuter sereinement.
De ce point de vue, l’attitude antisecte primaire s’explique par l’irritation que ce comportement borné déclenche chez les observateurs extérieurs qui n’ont pas pris place sur le tapis volant du maître.

Les antisectes, pourfendeurs de gourous, sont doublement bornés lorsqu’ils ne reconnaissent pas à autrui l’entière liberté de rêver jusqu’au bout du voyage.

LUCIDE ET POSITIF

S’interdire de devenir un faux prophète n’empêche pas de s’exercer à en devenir un vrai en s’ouvrant à l’universel.

S’empêcher de devenir un gourou médiocre n’empêche pas de chercher un maître authentique pour bénéficier de son expérience du « métier ».

Etre prudent par rapport aux influences occultes, n’empêche pas de reconnaître la nature spirituelle de l’univers.

Préserver l’étincelle de sa liberté individuelle n’empêche pas de reconnaître les lois universelles et de s’y soumettre.


Origine de la photo :
Les causeries du Swami Bulchitananda, le gourou arrivé au nirvana les doigts dans le nez...

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