Thursday, October 14, 2010

La corrida

Convoquant Gandhi, Zola, Victor Hugo ou Marguerite Yourcenar, un pape, des biologistes, le Dalaï-Lama, des imams ou Saint-François d'Assise, Christian Laborde, auteur de « Corrida, basta ! », engage le procès des courses de taureaux par un très rude réquisitoire. Il accuse les hommes et les femmes politiques qui les protègent et s’inquiète de la sexualité des aficionados. S'appuyant sur les écrits de psychologues et d'ethnologues, il démontre la nocivité d'un tel spectacle pour le mental des jeunes comme pour celui des adultes. Enfin, son humour et ses sarcasmes se déchaînent quand il s agit des amateurs, du public des férias, de leurs beuveries et de la musique qu’ils aiment. C'est ainsi que lorsqu'il évoque la beauté, la grâce des taureaux en liberté ou celles des chevaux, il devient un poète sans que jamais son lyrisme ne soit ridicule. Voici un procureur dont le style traduit la fureur et dont l'émotion égale le talent. (4ème de couverture)



Fraudes, manigances et cruautés visant à affaiblir le taureau pour l’empêcher de se défendre lors d’un prétendu combat. Un business de plusieurs milliards soutenu même par la CEE.

L’Espagne a toujours été divisée et de nos jours, elle est en grande partie contre la tauromachie. Les Espagnols savent mieux que n’importe qui que la corrida n’est rien de plus qu’une affaire d’argent qui se dissimule derrière une tradition culturelle, et qu’elle est soutenue par un groupe restreint de personnes qui protègent leurs intérêts : éleveurs de taureaux, transporteurs, vétérinaires, organisateurs et impresarii, bouchers et tous ceux qui travaillent dans les arènes (toreros, picadores, banderillos, valets, etc.). Mais tous ces gens ne sont pas très nombreux : on estime qu’ils ne représentent pas plus de 2 000 personnes pour toute l’Espagne.

Une très petite minorité, mais qui est capable de tenir tout le pays dans son poing étant donné qu’elle possède les bonnes relations au bon endroit, tant dans les milieux politiques que dans les médias.
D’après plusieurs sondages, certains éleveurs gagnent en moyenne l’équivalent de 20 millions de francs suisses par an en vendant des taureaux voués à une mort atroce. Seuls 18 % de la population espagnole s’intéressent encore à la corrida qui devrait fermer boutique si elle n’était pas subventionnée par le gouvernement et par la CEE. Ce sont les touristes qui permettent que de tels spectacles se poursuivent, surtout les touristes français, italiens et japonais.

Beaucoup de psychologues parlent de la tauromachie comme d’un moyen psychologique de libérer ses frustrations sexuelles.

Le propre de la corrida est la simulation.

Quand le torero est censé faire preuve de « courage » en prenant une attitude fière devant le taureau qu’il vient d’assassiner, il sait fort bien que l’animal n’avait aucune chance d’inverser le cours du « combat », sauf peut-être si les picadores n’ont pas fait un « bon travail ».

Chaque picador travaille pour le torero et est à ses ordres. Sa tâche consiste à affaiblir le taureau en plantant sa lance dans l’encolure de l’animal. La position juste se trouve entre la quatrième et la septième vertèbre dorsale, de manière à sectionner les nerfs qui permettent au taureau de relever la tête ; un autre coup de lance, placé entre la quatrième et la sixième vertèbre cervicale, sectionne les ligaments de la nuque. Les picadores travaillent à cheval ; ce sont ces derniers qui se font éventrer par le taureau furieux. De vieux chevaux qui ont travaillé toute leur vie et qui, lorsqu’ils ne servent plus, finissent dans une arène, drogués, les yeux bandés et les cordes vocales sectionnées pour que leurs cris ne dérangent pas le public. Neuf fois sur dix, ils meurent éventrés. S’ils sont jugés récupérables, ils sont sommairement recousus pour être réutilisés dans la prochaine corrida. Avant d’entrer dans l’arène, ils reçoivent généralement des neuroleptiques à base de phénotiazine et de morphine mélangés à un produit de Bayer, le Comben.

Après les picadores, vient le tour des banderilleros, armés de bâtons au bout desquels se trouve un crochet en fer, les banderillas dont les pointes acérées sont plantées sous la peau du taureau au niveau des muscles du cou.

L’animal est pratiquement mourant au moment où le « matador » entre dans l’arène au son de la fanfare, en se pavanant dans son costume brodé tout en se mettant à agiter sa cape rouge ( la muleta) et en exécutant des figures symboliques (faena, veronica, etc) comme s’il jouait avec la mort. Il s’agit en réalité d’une vulgaire supercherie : dans l’état où il se trouve, le taureau ne parvient jamais à encorner le torero. Les rares fois où cela se produit, c’est parce que le matador est incompétent ou parce qu’il commet une grossière erreur. Quoi qu’il en soit, même dans ces cas rarissimes, le taureau finit sa vie dans les coulisses où il est achevé, et sa viande est vendue aux bouchers.
Cette description est le « spectacle » que les gens voient. Ce qu’ils ne voient pas et que la plupart ignorent, c’est ce que nous allons vous raconter maintenant.

Les taureaux sont transportés depuis l’élevage jusqu’aux arènes enfermés dans des caisses de bois renforcées par des armatures en fer et munies de roues. Ces caisses sont très étroites afin de maintenir l’animal debout sans qu’il puisse bouger. Pendant le transport, parfois très long, les taureaux restent sans nourriture et sans eau et reçoivent parfois des coups de bâtons à travers les fentes de la caisse. Avant d’arriver à destination, il y a l’arrêt chez celui qu’on nomme le « barbier », qui pratiquera la première opération visant à rendre l’animal inoffensif : on raccourcit ses cornes (afeitado). Il s’agit d’une pratique illégale mais qui est universellement pratiquée malgré l’interdiction. C’est la première fraude de la corrida, qui consiste à retirer aux taureaux la seule arme dont ils disposent. L’animal reste enfermé dans sa caisse, ses cornes sont tirées à l’extérieur à travers deux ouvertures et sciées ; puis les pointes sont refaçonnées à l’aide de couteaux de cuisine et de marteaux, et revernies d’une couleur qui ressemble à la couleur originale afin de camoufler l’opération. Scier et refaçonner les cornes est extrêmement douloureux parce qu’il faut couper dans la matière vivante et dans la moelle, qui sont très sensibles. Les pertes de sang sont abondantes. Mais personne ne prend garde aux mugissements de douleur de l’animal, au contraire, chaque année, une « égoïne d’or » (scie manuelle) est attribuée à celui qui effectue le meilleur raccourcissement des cornes !

Le taureau ne dispose pas de suffisamment de temps pour s’habituer à la nouvelle longueur de ses cornes et pour mesurer sa charge en conséquence. Il reste plongé dans sa douleur physique, que le matador et les autres refusent catégoriquement d'atténuer avec des calmants, puisque la douleur réduit aussi les facultés psychiques. L’animal qui entre dans l’arène est pratiquement un zombie. Après le raccourcissement des cornes, le taureau est introduit dans les cellules souterraines de l’arène où il a droit à d’autres traitements :

- Ses yeux sont enduits de vaseline pour limiter son champ de vision et pour qu’il ne puisse pas distinguer ce qui se passe. On le garde dans l’obscurité afin qu’il soit aveuglé quant il pénètre dans l’arène en pleine lumière.

- Un quart d’heure avant l’entrée dans l’arène, il reçoit une injection tranquillisante ; des sprays hypnotiques et paralysants sont vaporisés sur son museau, destinés à altérer sa vue (inflammation des globes oculaires) et à provoquer des tremblements de son système locomoteur.

- Le taureau reçoit parfois des coups de pique dans les jarrets.

- Avant l’entrée dans l’arène, des sacs de sable d’un quintal sont jetés sur les reins du taureau immobilisé. Cela se fait une trentaine de fois de suite afin d’affaiblir l’animal.

- Ses sabots sont limés et parfois fendus. Et il arrive que des épines de bois soient plantées dans les ongles.

- Des aiguilles sont plantées dans les testicules pour l’empêcher de s’asseoir.

- Du coton est enfoncé dans ses narines jusqu’à la gorge pour rendre la respiration difficile.

- Il reçoit des coups de pieds sur le dos et dans les reins, etc.

Tout cela démontre clairement que la corrida n’est rien d’autre qu’une vulgaire escroquerie dans laquelle le prétendu combat entre l’homme et le taureau est une utopie.

Les fraudes commencent dans les élevages. Bien que la CEE l’ait interdit, des anabolisants sont ajoutés au fourrage des taureaux afin d’obtenir des animaux plus musclés. L’objectif est aussi de faire entrer dans les arènes des taureaux paraissant puissants, sains et combatifs.

En effet, les toreros et leurs collègues se couvriraient de ridicule si le public savait qu’il a sous les yeux un animal blessé, souffrant et inspirant la pitié.

Chaque année en Espagne, 40 000 taureaux sont tués dans les corridas et lors de très nombreuses fêtes populaires où les animaux sont massacrés dans les rues.

Au terme de son exhibition, le matador doit planter une lance de 85 centimètres de longueur dans le taureau jusqu’aux poumons, mais il n’y parvient pas toujours. Il est parfois obligé de s’y reprendre plusieurs fois, et il doit recourir à une épée plus courte afin de pouvoir sectionner la moelle épinière. Quand le taureau s’écroule, il a gagné.

Alors, le torero coupe les oreilles et la queue, mais souvent l’animal est encore vivant : il est seulement paralysé parce que sa moelle épinière à été sectionnée. Et il est généralement vivant quand on le traîne hors de l’arène. Le public applaudit sans se rendre compte qu’il vient d’assister à une énorme supercherie et à un acte d’une cruauté aberrante que l’on montre même aux enfants.
En Espagne les écoles de tauromachie sont ouvertes aux enfants dès huit ans, tout d’abord avec de faux taureaux puis, dès l’âge de treize ans, avec de véritables jeunes taureaux. Il a été démontré que les enfants qui ont fréquenté des cours de tauromachie et torturé des animaux deviennent de dangereux délinquants une fois adultes.

Fredeli G / Orizzonte

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Email de Paul : Réédition d’un écrit de Krishnamurti

Bonjour à toutes et tous.

Je voulais vous tenir informer, de la réédition d'un très beau livre de J.Krishnamurti. " Le journal " édité d'abord chez Buchet-Chastel, vient de ressortir dans la collection Pocket.

Voici leur présentation ci-dessous, bonne lecture/étude à tous.

Amicalement, Paul .

Jiddu Krishnamurti se dévoile dans cet ouvrage écrit de sa propre main.
Généralement, les ouvrages de Krishnamurti reproduisent ses différents entretiens et sont donc la transcription de ses paroles, non de ses écrits. Très rares sont les livres rédigés de sa propre main. C'est le cas ici et cette lecture revêt ainsi une importance capitale pour quiconque s'intéresse à l'homme et à sa doctrine.
Ce Journal s'étend sur une période de six semaines en 1973 et d'un mois en 1975. Au fil des pages, Krishnamurti parle de lui-même et nous livre quelques souvenirs d'enfance. Cet ouvrage nous montre également à quel point son enseignement est inspiré par son rapport étroit avec la nature et combien est aigu son sens de l'observation.
Beaucoup plus que ses autres livres, ce Journal nous parle surtout de Krishnamurti en personne et c'est ce qui le rend exceptionnel.



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