Monday, December 03, 2012

Haute-finance & sociétés secrètes







La face cachée de l'histoire moderne


Pour atteindre leur objectif, ceux qui prétendent dominer le Monde disposent de deux moyens d’action principaux : les Sociétés Secrètes et l’Argent, c’est-à-dire la Haute Finance, dont l’intervention a été souvent décisive dans le déclenchement des guerres et des révolutions.

« Biographe du grand Condé et historien de la Fronde, Henri Malo écrit que « l’histoire des révolutions est inscrite dans les livres de comptes des banquiers ». La Fronde n’était alors qu’une mauvaise copie des révolutions d’Angleterre de 1640-1668. Or, le chef des Puritains, Olivier Cromwell, si dévot que, selon lui « Dieu parlait par sa bouche », n’hésitait pas à écrire à l’un de ses commanditaires, Mr Storie, à l’enseigne du Chien, en la Cité de Londres, que « sans argent, il n’y a point de prêche » ( lettre du janvier 1636). Bien qu’imbibé de religion, cet Olivier Williams n’était donc guère plus « pur » que son oncle Thomas Cromwell (qui lui avait légué son nom), agent des Juifs de Venise et d’Anvers, avant de devenir le mauvais génie du Cardinal Wolsey (1514-1525) puis du roi Henry VIII, le promoteur de la rupture avec Rome et le liquidateur des biens du Clergé (1536-1540), dont la nouvelle « gentry » allait s’engraisser. Aux Juifs, Olivier Cromwell allait bientôt payer sa dette, en autorisant leur retour en Angleterre, à la condition d’ouvrir aux armateurs et gens de négoce de la City les marchés hispano-portugais de l’époque (par son traité de 1657 avec Manassé Ben Israël).

Ainsi rentrèrent-ils en Angleterre à Londres, comme ils l’avaient déjà fait à Amsterdam. Grâce à la Réforme, Calvin (disciple de Pierre de l’Estoile et ami intime du négociant Pierre de La Force) substituant la « Cité de l’Argent » à la « Cité de Dieu », en levant la prescription du « juste prix » et les restrictions canoniques contre l’usure et le prêt à intérêt, leur ouvrit la voie. Sous la protection de la famille d’Orange, furent créées à Amsterdam une Banque (1609) et une Bourse (1611) de même qu’à Londres (en 1694 et 1571-1697). Là ils introduisirent leur « papier » (ou « mamré », lettres au porteur avec endos), les sociétés anonymes, les Compagnies de Commerce avec privilège, les trafics à découvert sur les valeurs et les marchandises, etc... C’est à dire les méthodes de spéculation du capitalisme moderne.

Sur ces entrefaites, en France, la Fronde n’avait abouti qu’à un échec, en dépit des importants subsides (d’origine encore indéterminée) distribués par le Cardinal de Retz et Paul de Gondi (fils d’un banquier et d’une entremetteuse) aussi doué pour l’intrigue et la littérature que dénué de scrupule. D’après le président de la Cour des Aides, Amelot, le prince de Condé aurait touché 600 000 £, pour retourner ses armes contre le Roi. Ce représentant de la dynastie « parallèle » (Condé — Conti — Clermont, Orléans) s’était, il est vrai, entouré de marranes (La Pereyre) et de Rose-Croix et entretenait des relations d’amitié avec Spinoza. En outre, l’on sait que l’émeute de l’Hôtel de Ville, du 4 juillet 1651, coûta 4200 £ et que pour la journée, les manifestants reçurent un pourboire de 17 sols.

Endurci dès sa jeunesse par l’expérience de ces troubles, Louis XIV parvint à résister aux assauts des coalitions orangistes dressées contre lui. Mais au prix de graves difficultés financières. Malgré les poursuites intentées sur l’initiative de Colbert, contre Nicolas Fouquet et 4 000 autres financiers, les fermiers d’impôts continuaient de prélever le quart ou le tiers de leur produit (107 sur 350 pendant la Ligue d’Augsburg). Boisguillebert les dénonça durement (1697-1707) et Vauban proposa dans sa « Dîme Royale » (1707) une réforme fiscale, qui ne vit pas le jour. Et dans sa lutte contre la coalition protestante le Roi dut recourir pour ses transferts à l’étranger aux services du banquier Samuel Bernard (lié à Jérémie Horquelin d’Amsterdam), juif successivement converti au protestantisme en 1651 et au catholicisme en 1685 (ce qui permit de marier ses fils et ses filles dans les plus nobles familles, les Moignon-Boulain-Villiers, Clermont-Tonnerre, Cosse-Brissac). Prélevant 40 % de bénéfice sur ses opérations, ce « féal » financier provoqua en 1711-1713 une banqueroute, dont la place de Lyon ne se releva pas. Parallèlement, en Angleterre, s’engraissaient les fournisseurs aux armées : Carvajal (the great contractor) et Salomon Medina (associé dans ses spéculations en Bourse avec le Duc de Marlborough (Churchill), qui lui réser­vait la primeur des nouvelles de ses victoires de Flandres).

Bien que Desmaretz ait réussi à assainir la situation, les finances françaises ne purent se rétablir, par suite de l’avènement du Duc d’Orléans (créature de l’ambassadeur anglais Stairs). S’il ne consentit pas à la banqueroute, recommandée par le Duc de Saint-Simon, le Régent procéda en effet à la liquidation préconisée par les frères Paris (protégés de Samuel Bernard) et, après une caricature de Chambre de Justice contre les financiers en 1715, fidèle à l’exemple anglais, ouvrit la voie aux spéculations de la rue Quincampoix sur les valeurs de la Cie du Mississippi (réplique du « South Sea Pub » de Londres) et aux ambitieux projets de Law (1717-1719), dont l’inflation de billets et de titres se termina en 1720 par un krach, qui compromit pour le temps la création d’une Banque Centrale en France.

C’est ainsi que la Monarchie Française — impuissante à imposer aux Parlements une réforme fiscale — État pauvre dans un pays riche, se vit réduite à vivre d’expédients vingtième de la taille, émission de rentes et ventes d’offices. Et la Dette, accrue par les dépenses de l’Indépendance Américaine, offrit à la Haute Finance l’occasion qu’elle cherchait pour imposer sa volonté à la France, comme elle l’avait déjà fait à la Hollande et à l’Angleterre. Pour couvrir les frais de la guerre (1500 à 1800 M de £) — « nourrie » d’autre part par les frères Grand et Homegguer d’Amsterdam, le juif Haym Salomon servant de trésorier payeur général — le banquier cosmopolite Necker (né en Suisse d’un père poméranien), maçon, ami des Encyclopédistes, associé aux suisses Isaac Vernet et Georges Thellusson (dont le frère Pierre vivait à Londres depuis 1762), Girardot et Haller, aux anglais James Bourdieu et Herries et aux hollandais Hormeca et Hogguer, Hope et Vandenyver, s’oppose tant aux économies qu’aux réformes (instauration de l’impôt territorial) préconisées, après l’abbé Terray, par Turgot, et enfin par Calonne, sous le nom de « subvention territoriale », en 1786, et préfère recourir à un flot continu d’émission de loteries, de rentes sur la vie et d’emprunts, au plus grand profit de son consortium international. C’est ainsi que Necker se fit le fourrier de la Révolution, selon son biographe Lavaquery, lors de son premier passage au pouvoir de 1776 à 1780 plus tard, d’août 1788 à septembre 1790, le fossoyeur de la monarchie, contrainte après le refus des 144 Notables (privilégiés) de la réforme de Calonne (2 février 1787) parce qu’acculée à la banqueroute convoquer les Etats Généraux, manipulés par la Maçonnerie.

Au cours de cette première phase de la Révolution s’agitent aussi, derrière les hommes politiques, des clans financiers rivaux. Derrière le duc d’Orléans, Philippe-Egalité, en outre de ses ban­quiers anglais Walter Boyd et William Kerr, le groupe judéo-protestant de Strasbourg, les Cerf-Beer et les Kornemann, ses associés dans la « bonne affaire » du Palais Royal. Derrière Mi­rabeau, Etienne Clavière — qui avait appuyé le mouvement — démocratique » en Suisse en 1782 — et son syndicat. Derrière Talleyrand, le « juif » Isaac Panchau, fondateur de la « Caisse d’Escompte » en juin 1776. Et lorsque l’anarchie l’emportant, les caisses de l’Etat se trouvèrent privées de rentrées en 1790, lorsque Talleyrand prépara, le 10 octobre, la confiscation des biens du Clergé — 2 novembre et 15 avril 1790 — lorsqu’avec la dévalorisation des assignats, créés le 10 août 1790 se produit la banqueroute, alors s’abattent sur la France de grands vols de corbeaux prompts à la curée, venus de Hollande (Louis Greffulhes, Jacques Montz) ou de Suisse (Jacques Piderman Pacwe, Gaspar Schweitzer, ami des « Illuminés », etc.).

Pendant la seconde phase de la Révolution — l’américaine, des Girondins — la Haute Finance ne se contente pas d’acculer la Monarchie à la faillite et de s’engraisser des dépouilles du Clergé, mais elle intervient directement pour aider ses agents, sous la forme de subsides anglais à Danton et à ses amis — Chabot par exemple, lié par ailleurs aux frères Frey — ou des hollandais Kock et Vandenyver, du belge Walkiers et de Pereira (de Bordeaux) en faveur des « Enragés » de la Montagne. Sans oublier les apports des plus fameux banquiers juifs du roi de Prusse, lorsqu’il s’agit d’en finir avec Louis XVI. De cette ingérence nous possédons un témoignage de première main : la lettre, publiée par le biographe de Lafayette, Maurice de La Fuye, par laquelle Benjamin Veitel Ephraim — l’ami des Itzig, des Friedlaender et des Mendellsohn, déjà mêlé à l’insurrection hollandaise de 1787 — se lamente de l’échec de la journée du 8 avril 1791, dans laquelle « le peuple » tenta d’empêcher le départ du Roi pour Saint-Cloud, car il sera difficile de disposer d’une somme égale aux 500 000 £ qui ont été dépensées, écrit-il à Choderlos de Laclos, homme à tout faire du duc d’Orléans.

Lorsqu’agonise le régime jacobin, dont le Trésor ne s’alimentait plus que des pillages des « Carmagnoles » dans les pays qu’ils « libéraient » en les mettant à sac, son bilan s’établit ainsi : une hausse du coût de la vie de l’indice 100 en 1790 à 5 340 en novembre 1795 et une dépréciation des assignats, de 142 fois leur valeur. Alors, afin de permettre à Cambon et à Gaudin d’assainir les finances, les banquiers Le Coulteux, Fulchiron, Récamier, Barillon, Perregaux, Delessert, Malet, soutinrent Talleyrand — le premier à rappeler Bonaparte d’Egypte après avoir été le premier à l’y envoyer — dans ses préparatifs du Coup d’Etat du 19 Brumaire (10 novembre 1799), dont la Cie Collot et Ouvrard payèrent les frais. Plus tard, ils aident le Consul et l’Empereur, aussi bon administrateur que piètre diplomate, réaliser la réforme fiscale (1798-99), fonder la Banque de France (13 février 1800, réformée en 1806), créer le « franc germinal » (28 mai 1803), restauration qui lui permit d’alimenter ses campagnes continuelles, sans déficit, ni inflation, ni emprunts.

Peu s’en fallut qu’il n’obligeât Pitt à s’incliner : ce dernier, s’il échappe à la banqueroute en 1793 et en février 1797, dût réserver l’or pour l’usage extérieur par le « Banking Restriction Act », ce qui l’amena à signer la paix d’Amiens (25 mai 1802). Entre 1809 et 1811 encore, le gouvernement de Londres, son budget doublé et sa £ dépréciée, se retrouva en difficulté. Seuls le sauvèrent le relâchement du blocus continental et les décrets de Trianon du 5 août 1810, de même que, par suite de l’aveuglement de Mollien, les Rothschild purent continuer leurs transferts à l’étranger pour le compte de Londres. De sorte qu’en fin de compte, le Syndicat International formé par les Baring, les Boyd et Koerr de Londres, les Hope et Labouchere d’Amsterdam, les Parish de Hambourg et les Bethmann de Francfort en finirent avec Napoléon, ce qui permit à la Haute Finance de dominer le monde pendant tout le XIXe siècle.

Tandis que le Congrès de Vienne dansait dans les salons de Fanny Itzlig, épouse du banquier Nathan Arnstein, par l’intermédiaire de leur pensionné Frédéric de Gentz (secrétaire général du Congrès) ou de leurs obligés prussiens Humboldt et Mardenburg ou de l’autrichien Metternich, les Rothschild menaient le bal. Enrichie à l’ombre des Hesse-Cassel la dynastie du père Amschel de Francfort s’éleva au niveau international lorsque Nathan, installé dès 1798 à Londres, assura, pour le compte d’Herries, le transfert des subsides anglais pendant les guerres napoléoniennes. Plus tard les cinq frères, Meyer-Amschel à Francfort, Salomon à Vienne, Charles à Naples et James à Paris s’engraissèrent dans les emprunts d’Etat et dans la spéculation éhontée sur les chemins de fer, au point de s’élever à la position de rois des banquiers, de banquiers des rois et de rois de fait, maîtres de la paix et de la guerre.

Jusqu’au moment où — après l’intermède du banquier Laffitte, promoteur avec Talleyrand de la révolution (à l’anglaise) de 1830, qui augmenta encore leur influence avec l’arrivée au pouvoir de leur ami Casimir Périer — la subversion généralisée de 1848-1851 amena la relève de ces « Juifs de Cour » par une autre équipe, celle d’Achille Fould et des frères Pereyre et des Saint-Simoniens, protagonistes du dirigisme de l’Etat « industriel », grands vizirs du « sultan » Napoléon III. Réforme qui mérita de Proudhon ce jugement : « La France n’a fait que changer de Juifs ! » et les critiques des socialistes de tradition française, Charles Fourier (père de la Phalange) et Toussenel, dans son livre « Les Juifs rois de l’Époque » (1845) dénonçant la Haute Finance et le marxisme naissant, inspiré par Moïse Hess, comme « deux rongeurs » associés pour détruire la Société. Mais, tandis qu’une autre génération de Rothschild-Meyer-Charles à Francfort, Lionel et Nathaniel à Londres, Alphonse à Paris, Anselme, Albert à Vienne et Adolphe à Naples, étendait ses alliances aux Lambert de Bruxelles, aux Ephrussi (Broglie) à Paris, aux Bauer et Weisweiler à Madrid, aux Heine de Hambourg, aux Bleichroeder de Berlin, aux Guinsbourg de Pétersburg, et jusqu’aux Sassoon de Bagdad, le régime de facilité et d’endettement continu, instauré par Napoléon III s’effondrait dans la guerre contre la Prusse et aboutissait à l’affrontement social de la Commune de 1871.

Alors, grâce à Thiers, le « wehrgeld » de la défaite, l’indemnité de 5 milliards, enrichit d’une part, sans nécessité, la Haute Finance cosmopolite, avec des bénéfices scandaleux, allant jusqu’à 40 % pour les Rothschild. Et contribua d’autre part au développement des grandes structures bancaires de l’Europe Centrale, sous contrôle juif. Pour déchaîner enfin, par le « Gründertum », la floraison effrénée de sociétés artificielles — grâce à la collusion entre financiers opportunément « rincée » par l’octroi de titres de noblesse et d’authentiques hobereaux maculant leurs bottes dans la boue grasse de la Finance — une spéculation qui bascula dans les krachs de mai 1873 à Berlin et à Vienne. Faillites, qui, en ruinant la classe moyenne allemande, privée de son épargne à la Bourse, provoquèrent une terrible vague d’antisémitisme, nourrie par les œuvres d’Adolphe Stocker (1870), de Heinrich Treiske et d’Eugen Duhring en Allemagne et par la propagande de Georg von Schünerer et de Karl Lueger, futur maire de Vienne, en Autriche.

En septembre de la même année 1873, un autre krach se produisit aux Etats-Unis, terre promise de la spéculation, où l’Argent domine tout. La Guerre de Sécession (1861-65), conflit de tarifs, travesti en croisade pour l’émancipation des Noirs dans laquelle Judah Benjamin (The hated jew) remplit, fort mal, sa charge de fournisseur du Sud — avait donné accès au pouvoir aux grandes dynasties juives-allemandes, aux Seligman, fournisseurs aux armées et conseillers du général Grant, aux Guggenheim, aux Lazard, maîtres de l’économie et des finances, aux Sloss, Gerstle, Sutro, exploiteurs de la Californie et aux grands pirates des chemins de fer, les Gould, les Kuhn-Loeb.

Une fois engagée la lutte contre le tsarisme par le directeur de cette banque, Jacob Schiff, la coopération se fait plus étroite entre ce groupe et Londres, en Afrique du Sud contre les Boas, grâce au roi Edouard VII, à sir Ernest Cassel, et au groupe de la « Round Table », fondé en 1891 par Cecil Rhodes, lord Milner et lord Esher, pensionné de sir Ernest. Ainsi soutenu, Jacob Schiff finance le Japon contre la Russie et profite des défaites de cette dernière en Mandchourie pour lancer la première tentative révolutionnaire de Trotski contre le régime autocratique (1905-1908). La crise marocaine (1909-1911) est encore réglée et l’on arrive à éviter en 1913 la généralisation du conflit russo-autrichien dans les Balkans, manigancé par le baron d’Aerenthal, mais la Haute Finance ne fait pas un geste pour prévenir l’explosion de la Première Guerre Mondiale, bien au contraire.

Dès 1911, Paul Warburg n’avait-il pas pris les dispositions nécessaires pour permettre aux Etats-Unis de faire face au conflit ? « j’ai créé cette banque — ‘la Federal Reserve’ — expliquait-il, pour le cas de guerre ». Au cours de conversations à Jekyll Island (Géorgie) avec Aldrich, Vanderlip, H. Dawson et Benjamin Strong (de Morgan), il en avait préparé le projet, qui dut être modifié avant d’être adopté le 23 décembre 1913 par 298 voix contre 60 à la Chambre, et 43 contre 23 au Sénat. Ainsi le contrôle de l’Etat, confié par Woodrow Wilson à Bernard Baruch, put être imposé, à la faveur du conflit, non seulement aux banques, mais à l’économie (11 octobre 1916) et à la production de guerre (5 mars 1918).

Mais pour intervenir dans la lutte, au mépris de ses promesses aux électeurs, après avoir été élu grâce à la crise boursière de 1909-1911, Wilson attendit l’effondrement du régime tsariste, en deux phases : la première étant la révolte de février-mars 1917, qui porta au pouvoir le prince Lvov, chef de la Maçonnerie, et Kerenski, et la seconde, la révolution bolchevique d’octobre-novembre, alimentée à la fois des fonds allemands à Lénine, et par des subsides judéo-américains Trotski, de Jacob Schiff, toujours à Max Warburg, dont le frère Félix était le gendre, et aux banques Nye et Olaf Aschberg de Stockholm, le 2 octobre. Selon le général Goulevitch, entre 1918 et 1922, 600 millions de roubles en or ont été remboursés à Kuhn-Loeb, en plus des joyaux de la famille impériale.

La défaite de l’Allemagne consommé, la Haute Finance rencontra des interlocuteurs de choix, non seulement en la personne de ce même Max Warburg, frère de Paul et de Félix, qui introduisit la délégation allemande à Versailles, mais aussi en Walter Rathenau, magnat de l’Électricité, homologue de Bernard Baruch au contrôle de la production de guerre depuis 1914, en Albert Ballin de Hambourg, armateur et banquier personnel de Guillaume II, chargé du commerce extérieur depuis 1915, et en ses adjoints le général Groener, chef de l’ « ObertesKriegsAmt », et le colonel von Schleicher. Ainsi a-t-elle pu imposer à l’Europe comme une hypothèque, le fardeau des dettes de guerre et des répartitions, restaurer et rationaliser sous le contrôle de Walter Rathenau l’industrie allemande (la plus puissante du continent) de même qu’elle aida Trotski à instaurer en U.R.S.S., après la « libéralisation » de la N.E.P. et la création de la « Gosbank » en 1921, un régime placé pratiquement sous la dépendance du capitalisme yankee, plan qui se traduisit par la coopération germano-russe à Rapallo, le 11 avril 1922 et motiva le contentement de Félix Warburg, « more than pleased », lors de sa visite aux Soviets en 1927. Mais l’assassinat de Rathenau, le 24 juin 1922, par les nationalistes allemands et l’expulsion de Trotski par Staline, opposé à tout vasselage envers les Etats-Unis, en janvier 1928, amenèrent la ruine de ce plan.

Il fallut donc tout recommencer à zéro, selon le schéma habituel. Une crise boursière à Wall Street, entretenue de 1929 à 1931, afin d’ouvrir la voie à Roosevelt et aux mesures socialisantes du « New Deal ». Echec de la Conférence économique de Londres de 1933, les Etats-Unis tournant le dos à l’Europe et la contraignant à l’autarcie, puis à se diviser en Fronts populaires et Fascismes de telle sorte qu’en utilisant Hitler pour détrôner Staline, la Révolution puisse à nouveau triompher. Ensuite, établissant son contrôle sur l’économie américaine et s’emparant du portefeuille des alliés dans l’hémisphère occidental en gage de ses fournitures, la Haute Finance yankee pousse, avec l’aide de l’Angleterre, la Pologne et la France dans le conflit destiné à « briser l’Europe en morceaux » comme l’avait vaticiné « American Hebrew » en 1938. Et la IIe Guerre Mondiale s’achèvera avec la moitié de l’Europe, abaissée, asservie par les Soviets, et l’autre moitié assistée, réduite à demander l’aumône du plan Marshall.

Grâce au monopole de la bombe atomique, assumé par Bernard Baruch, le Gouvernement Mondial, tant désiré par elle, se trouve à portée de la main de la Haute Finance en 1945, mais tant de fuites en répandirent le secret que Staline releva le défi. Désormais, tous les efforts de Wall Street tendront à l’instauration de ce gouvernement, comme l’avait proclamé James Warburg en 1950. Par l’intermédiaire du « Council on Foreign Relations » (CFR), ils s’ingénient à rétablir à Moscou à la faveur de la « détente », de la coopération technologique, d’un accord sur la limitation des armements, d’un espoir de « condominium » l’influence des pre­miers commanditaires du bolchevisme — tâche confiée à Averell Harriman, associé de la Banque Kuhn-Loeb, à Cyrus Eaton et au groupe de savants de Pugwash — au point d’en arriver à ouvrir une succursale de la « Chase Bank » de David Rockefeller en face de la statue de Karl Marx (tout un symbole !) et à construire un « World Trade Center » sioniste sur l’autre rive de la Moskova, en face de l’hôtel Ukraina !

Au moment de sacrifier le Vietnam afin de réserver au seul Israël le soutien total de Washington, la Haute Finance intervint de nouveau. Cette fois, par la bouche des Conférences des Milliardaires, exclusivement juifs, en avril-mai 1968 et à la fin juin 1969, qui décidèrent aussi bien de l’abandon de l’étalon-or, que de la chute de De Gaulle, du « Printemps de Prague », etc. Et, en utilisant son moyen de pression favori, le « krach » de la Bourse artificiellement provoqué du 25 au 27 mai 1970, qui contraignit Nixon — après avoir invité à dîner une quarantaine de banquiers et d’hommes d’affaires — à s’incliner, à renoncer à ses attaques contre le Laos et le Cambodge, à abandonner l’Indochine — dont le groupe de Pugwash se chargea de négocier la reddition — et se lancer dans la politique de détente à l’Est lors de ses tournées à Pékin et à Moscou. Une autre mini-conférence de Milliardaires, réunie près de Paris (en octobre 1974) après la guerre du Yom Kippour, étudiera la possibilité d’expédition-éclair dans le Golfe Persique, afin d’empêcher un nouvel embargo, surtout la formation de pétro-capitaux, échappant à son contrôle et capable de concurrencer dans le Monde son influence.

Sur ces entrefaites, l’Europe résiduelle, placée sous le contrôle du Groupe de Bilderberg continue d’être neutralisée par la Haute Finance. Pompidou essaie-t-il de la doter d’une monnaie commune (pour le 15 juin 1971), qu’autant en emporte le flux des eurodollars, fortune vagabonde qui ne s’investit pas mais bouleverse par ses spéculations le marché des devises. Et lorsque l’expansion des sociétés multinationales, lancées à la conquête des entreprises européennes, déséquilibre la balance des paiements yankee, en épuisant ses réserves d’or, l’on a recours à l’expédient des Droits de Virement Spéciaux, de même que les abus de la dévaluation servant de moyen de « dumping » commercial, et la prétention d’obtenir des facilités d’exportation, tout en imposant soi-même des restrictions à l’importation.

Groupe de financiers américains, européens et japonais, créé en 1973 pour préparer l’instauration d’un gouvernement mondial, et regrouper ces trois éléments composants du Monde Libre sous direction yankee, la Commission Trilatérale, confrontée à une crise aussi grave que celle de 1929-33, non seulement économique, mais sociale, saura-t-elle éviter une autre révolution ou un autre conflit mondial ?

De la dernière rencontre de Londres, si ne sont pas sorties des décisions aussi fatales que celles de la Conférence de 1933, comme le craignait le japonais Fukuda, qui y avait assisté, il n’en est résulté non plus aucune solution efficace. L’économie mondiale continue donc de « couler » ou de surnager « comme le chien crevé au fil de l’eau », pour reprendre l’expression d’André Tardieu.

Pour se sauver d’une aussi mauvaise passe, alors que toutes les panacées plouto-démocratiques ont prouvé leur vanité, l’Europe a plus que jamais besoin de retrouver les lois naturelles et d’en revenir à la vraie tradition sociale chrétienne, celle de l’autrichien Lueger, de La Tour du Pin, de Antonio et de sa « Phalange », c’est-à-dire du national-syndicalisme, permettant la représentation authentique et organique des travailleurs et cadres dans leurs métiers, seul capable de faire face au capital-collectivisme que la Haute Finance prétend nous imposer avec son Gouvernement Mondial, travesti en New World Economic Order ! »



Conférence de Jean Lombard.



La face cachée de l'histoire moderne 

Jean Lombard diplômé de l’Ecole des Chartes en 1927, envisagea la préparation de cet ouvrage en 1939 : « Le hasard en fut l’origine, lorsque je passais tout l’été de 1939 aux Etats-Unis et au Canada. Il me permit d’assister aux préparatifs idéologiques de la Seconde Guerre Mondiale. J’en vins à découvrir le visage voilé des « forces occultes » et à pressentir que ce sont elles qui ont fomenté les guerres et les révolutions. Je décidai alors de rechercher pour mon compte les racines de ces « forces occultes », en découvrant des textes originaux et en les confrontant avec l’histoire générale. J’eus alors la chance de trouver certaines œuvres, qui sont la clé de ces investigations laborieuses, tels les Selected Essays de Darmestetter, version américaine des Prophètes d’Israël, écrit en 1891. Et je suis parvenu de la sorte à reconstituer le développement du capitalisme et, à son tour, celui du (marxisme) – collectivisme ». [...]

La masse des informations rassemblées ici est impressionnante et nous permet de découvrir les coulisses de l’histoire mondiale. 

Ainsi, les développements de Jean Lombard nous font comprendre la logique de l’enchaînement de différents faits historiques, qui à première vue sembleraient indépendants les uns des autres. 

Nous voyons clairement le rôle joué par les Sociétés secrètes et la haute finance cosmopolite dans la lente maturation de ces deux internationales (Internationale de l’or et Internationale du sang, pour reprendre les mots de Léon de Poncins), dont l’antagonisme n’est que de façade, et qui ne sont finalement qu’une étape dans la préparation de la mise en place future d’un gouvernement mondial. 


Jean de Saint-Herbot








6 comments:

  1. Anonymous11:52 AM

    Heureuse rencontre d'une vidéo, traduite et mise en ligne par l'Ordre des Enculuminatis de Bavière, et un livre, « La face cachée de l'histoire moderne » de Jean Lombard.

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  2. Anonymous3:49 PM

    Merci d'apporter ces précisions
    Svp:
    qui est Larisse Ernest et ce texte est-il tiré du livre cité à la fin de l'article ?

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  4. Veuillez pardonner cette Erreur. C'est Jean Lombard qui, pour saluer la paru­tion de son livre, prononça la conférence qui accompagne la vidéo.

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  5. Anonymous9:20 PM

    Il y a des sociétés secrètes occultistes, politiques, criminelles, etc.

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  6. Anonymous8:55 AM

    Merci Félix pour les précisions

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