Sunday, December 23, 2012

Parents toxiques






La loi sur le mariage gay sera votée prochainement. Mais les députés sont incapables de traiter du véritable problème de la famille. Il s'agit de protéger les enfants des parents toxiques qui sévissent dans des familles hétéro-parentales et homoparentales.

« Tous les parents ont des déficiences occasionnelles, dit Susan Forward. J'ai moi-même commis de nombreuses erreurs avec mes enfants, des erreurs qui leur ont fait beaucoup de peine (et à moi aussi). Aucun parent ne peut être disponible — sur le plan affectif— à longueur de temps. Il est parfaitement normal que, parfois, les parents s'emportent contre leurs enfants. Tous les parents font, par moments, preuve d'une autorité exagérée. Et la plupart des parents donnent des fessées à leurs enfants, même si ce n'est pas une habitude. Est-ce que ces défaillances en font des parents cruels ou incapables ?

Bien sûr que non. Les parents ne sont que des être humains; ils ont eux-mêmes pas mal de problèmes. La plupart des enfants sont capables de s'accommoder de coups de colère occasionnels, tant qu'ils reçoivent en compensation leur content d'amour et de compréhension.

Mais il y a beaucoup de parents chez qui les schémas négatifs de comportement sont persistants, au point de dominer la vie de leur enfant. Ce sont ces parents qui font du mal.

Comme j'étais à la recherche d'une phrase pour décrire ce qu'il y avait en commun chez ces parents, un mot hantait mon esprit : toxique. Comme une toxine chimique, les dommages émotionnels infligés par ces parents se répandent dans tout l'être de l'enfant et, au fur et à mesure que celui-ci grandit, la souffrance grandit avec lui. Quel meilleur mot que « toxiques » pour décrire des parents qui font subir à longueur de temps traumatismes, abus, critiques de toutes sortes à leurs enfants, et qui, la plupart du temps, continuent à se comporter ainsi même après que les enfants sont devenus des adultes ?

Il y a des exceptions à l'aspect « durable » ou « répétitif » de cette définition. Les violences sexuelles ou physiques peuvent être si traumatisantes que, souvent, une seule occasion suffit pour causer des dommages émotionnels considérables.

Malheureusement, élever des enfants — une de nos plus importantes fonctions — reste pour beaucoup un essai non transformé. Nos parents l'ont appris de personnes qui peuvent ne pas avoir été maîtres en la matière : leurs propres parents. Beaucoup de comportements éducatifs cautionnés par le temps, transmis de génération en génération, sont tout bonnement de mauvais conseils, camouflés sous une apparente sagesse (pensez à « qui aime bien châtie bien »). Mais quel est l'impact des parents toxiques sur leurs enfants ?

Que des adultes élevés par des parents toxiques aient été battus quand ils étaient petits, ou laissés trop souvent seuls, ou abusés sexuellement, ou considérés comme idiots, surprotégés ou accablés de culpabilité, ils manifestent presque tous des symptômes similaires : amour-propre blessé, tendance à un comportement autodestructeur. D'une façon ou d'une autre, ils ont presque tous l'impression de n'avoir aucune valeur, aucune capacité et ils se sentent indignes d'être aimés.

Ces sentiments proviennent pour une grande part du fait que les enfants de parents toxiques se sentent coupables des abus de leurs parents, de façon parfois consciente, parfois non. Il est plus facile pour un enfant dépendant, sans défense, de se sentir coupable d'avoir fait quelque chose de « mal », d'avoir mérité la colère de papa, que, pour cet enfant, d'accepter le fait terrifiant que papa, le protecteur, n'est pas digne de confiance.

Lorsque ces enfants arrivent à l'âge adulte, ils continuent à ployer sous le fardeau de la culpabilité et de l'incompétence, ce qui leur cause de grandes difficultés pour élaborer une image positive d'eux-mêmes. Le manque de confiance et la piètre estime de soi qui en résultent peuvent alors contaminer tous les aspects de leur vie. […]

Le mythe du parent parfait

Les Grecs de l'Antiquité avaient un problème. Les dieux les surveillaient du haut de leur terrain de jeu céleste, au sommet du mont Olympe, et jugeaient leurs faits et gestes. Si les dieux n'étaient pas satisfaits, ils étaient prompts à punir. Ils n'avaient pas à être gentils, ils n'avaient pas à être justes, ils n'avaient même pas à avoir raison. En fait, ils pouvaient se montrer totalement irrationnels. Selon leur fantaisie, ils pouvaient vous transformer en écho ou vous obliger à pousser un rocher vers le haut d'une montagne pour l'éternité. Inutile de préciser que l'imprévisibilité de ces dieux tout-puissants avait pour effet de répandre sur leurs mortels disciples une bonne dose de confusion et de frayeur.

Cela ressemble assez à nombre de relations entre des parents toxiques et leurs enfants. Un parent imprévisible est un dieu redoutable aux yeux d'un enfant.

Lorsque nous sommes très jeunes, nos parents sont comme des dieux, ils représentent tout pour nous. Sans eux, nous n'aurions ni amour, ni protection, ni abri, ni nourriture, et nous éprouverions une terreur perpétuelle, sachant que nous serions incapables de survivre seuls, sans ces tout-puissants bienfaiteurs qui pourvoient à tous nos besoins. N'ayant rien ni personne à qui les comparer, nous supposons qu'ils sont des parents parfaits. Lorsque notre univers s'élargit au-delà de notre berceau, nous éprouvons un besoin grandissant d'entretenir cette image de perfection, comme un rempart qui nous protège de ce monde inconnu avec lequel nous commençons à entrer en contact. Tant que nous croyons que nos parents sont parfaits, nous nous sentons en sécurité.

Au cours de la deuxième et troisième année de notre vie, nous commençons à revendiquer notre indépendance. Nous résistons à l'apprentissage de la propreté et nous nous rebellons. C'est ce que nous, Américains, appelons terrible twos (les deux ans terribles). Nous adoptons le mot non parce qu'il nous permet d'exercer une sorte de contrôle sur notre vie, alors que oui n'est qu'un simple acquiescement. Nous nous battons pour nous constituer une identité propre, pour affirmer notre volonté personnelle.

Le processus de séparation entre enfants et parents atteint son point culminant pendant la puberté et l'adolescence, lorsque nous nous opposons activement aux goûts et à l'autorité de nos parents. Dans une famille normalement équilibrée, les parents sont capables de supporter, pour une large part, l'angoisse que ces changements provoquent chez leur enfant. Dans l'ensemble, ils essaient de tolérer, sinon d'encourager réellement, l'indépendance naissante de ce dernier. L'expression « c'est un moment à passer » devient le réconfort classique des parents compréhensifs qui se rappellent leur propre adolescence et considèrent la révolte comme une étape normale du développement émotionnel.

Les parents toxiques ne sont pas si compréhensifs. Depuis l'apprentissage de la propreté jusqu'à l'adolescence, ils ont tendance à considérer la révolte ou même les différences individuelles comme une attaque personnelle. Ils se défendent en renforçant l'incapacité et la dépendance de leur enfant. Au lieu d'encourager un développement sain, ils le sapent inconsciemment, souvent persuadés qu'ils agissent au mieux des intérêts de leur enfant. Ils répètent bien souvent des phrases comme « cela forge le caractère » ou « elle a besoin d'apprendre la différence entre le bien et le mal » ; mais cet arsenal de négativisme effectue de véritables ravages sur l'amour-propre de l'enfant, sabotant toute velléité d'indépendance. Il importe peu que la plupart de ces parents soient persuadés d'avoir raison, de telles agressions perturbent l'enfant, le troublent par leur hostilité, leur véhémence et leur soudaineté.

Notre culture et nos religions sont presque unanimes à soutenir l'omnipotence de l'autorité parentale. Il est admissible de se mettre en colère contre son mari, sa femme, son amant, ses frères et sœurs, son patron ou ses amis, mais l'opposition impérieuse contre ses parents est pratiquement considérée comme taboue. Combien de fois avons-nous entendu les phrases: « Ne réponds pas à ta mère » ou: « Ne t'avise pas d'élever la voix contre ton père »? La tradition judéo-chrétienne a enchâssé le tabou dans notre inconscient collectif en déclarant Dieu le « Père » et en nous ordonnant: « Tu honoreras ton père et ta mère ». Le précepte trouve des défenseurs dans nos écoles, notre gouvernement (le « retour aux valeurs familiales ») et même dans nos entreprises. D'après la sagesse populaire, nos parents ont le pouvoir de nous diriger simplement parce qu'ils nous ont donné la vie.

L'enfant est à la merci de ses parents-dieux et, comme les Grecs, il ne sait jamais quand la foudre va tomber. Mais l'enfant de parents toxiques sait qu'elle va sûrement tomber tôt ou tard. Cette peur s'enracine profondément et se développe en même temps que l'enfant. Au plus profond de chaque adulte qui a été autrefois victime de mauvais traitements, se cache un petit enfant terrifié et impuissant.

Quand on détruit l'amour-propre d'un enfant, il devient de plus en plus dépendant, et en même temps il éprouve un besoin grandissant de croire que ses parents sont là pour le protéger et lui assurer le nécessaire. La seule façon pour un enfant de donner un sens à des attaques émotionnelles ou. physiques, c'est d'accepter d'être responsable de la conduite de ses parents.

Quel que soit le degré de toxicité de vos parents, vous éprouvez malgré tout le besoin de les déifier. Même si, d'une certaine manière, vous comprenez que votre père a eu tort de vous battre, vous croyez encore que c'était peut-être justifié. La compréhension intellectuelle n'est pas suffisante pour vous convaincre émotionnellement que vous n'étiez pas responsable.

Comme l'a déclaré un de mes patients: « Je pensais qu'ils étaient parfaits, donc, quand ils me maltraitaient, je m'imaginais que j'étais méchant. »

Il y a deux positions fondamentales dans cette foi en des parents divins. Soit : « Je suis méchant et mes parents sont bons », soit : « Je suis faible et mes parents sont forts. »

Ce sont des convictions ancrées qui peuvent subsister même lorsqu'on n'est plus dépendant physiquement de ses parents. Ces croyances maintiennent la foi ; elles vous évitent de regarder en face la vérité : vos parents divins vous ont en fait trahi au moment où vous étiez le plus vulnérable.

La première étape vers la reprise en main de votre vie, c'est d'affronter vous-même cette vérité. »

Susan Forward, « Parents toxiques ».




Recherches scientifiques sur l'homoparentalité

Le professeur Mark Regnerus de l’Université du Texas a étudié 3000 enfants devenus adultes éduqués au sein de 8 structures familiales différentes à partir de 40 critères sociaux et émotionnels. Les résultats les plus positifs concernent les adultes provenant de familles « traditionnelles » qui se disent plus heureux, sont en meilleure santé mentale et physique et consomment moins de drogues que les autres. A l’inverse, les enfants élevés par des lesbiennes sont les plus mal lotis avec une augmentation statistique inquiétante des dépressions dans leur groupe. Les adultes interrogés disent également avoir été plus souvent victimes d’abus sexuels (23% contre 2% chez les enfants issus de couples hétérosexuels mariés) et souffrent plus de précarité économique (69% dépendent de prestations sociales pour 17% de ceux élevés par leurs père et mère).




Parents toxiques
Comment échapper à leur emprise

Qu'est-ce qu'un parent "toxique"? II s'agit d'un père ou d'une mère qui a été dominateur, critique, manipulateur, parfois démissionnaire ou, pire encore, violent physiquement. Des attitudes, des paroles, des gestes ont pu causer des traumatismes émotionnels avec lesquels, une fois adulte, il faut apprendre à vivre. Ces blessures ont grandi avec l'adulte, modelant sa personnalité et ayant des répercussions dans sa vie familiale, sentimentale et même professionnelle. Peut-on se libérer d'un parent "toxique"?











1 comment:

  1. Rêve récent d'une jeune femme : "Horrible. J'avais les seins et la bouche percées de clous. Je n'arrivais pas à m'en défaire. C'est mon mari qui les a enlevés."

    Bien sûr : quand elle a été enceinte, sa mère lui disait : avorte ! un gamin à ton âge ? Qui est-ce qui va s'en occuper ? De toutes façons, j'ai vu une voyante qui m'a dit que ton enfant mourrait.

    Et avant, bien avant : tais-toi, ma pauvre fille.

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