Saturday, November 13, 2010

Epicure & Bouddha


J’enseigne l’homme total. Je ne suis ni un matérialiste, ni un spiritualiste. Mon approche est holistique – et seul un homme total peut être saint (jeu de mots en anglais : the whole man can only be holy).

C’est pour cette raison qu’on me comprendra souvent de travers, et n’importe qui peut piquer ici et là, me mettre en défaut, c’est très facile. Le spiritualiste peut me qualifier d’épicurien, d’adepte de Charvaka – et il n’a pas tout à fait tort, car une moitié de moi est épicurienne. J’accepte Epicure et Charvaka, car ils enseignent les joies du corps, l’ivresse du corps. Il y a une ivresse dans le corps et au moment où vous y renoncez, vous devenez tristes et sérieux.

C’est la raison pour laquelle les saints orientaux ont l’air si tristes, sans aucune joie. Ils parlent de béatitude, mais cela ne se voit pas sur leur visage. Ils ont l’air parfaitement misérables, parfaitement morts – parce qu’ils ont peur de l’extérieur, et celui qui a peur de l’extérieur aura peur de l’amour, car l’amour est un processus qui va vers l’extérieur.

L’amour signifie l’autre, il signifie entrer en relation, communiquer avec l’autre. l’amour, c’est la relation entre vous et moi. L’Orient dénie l’autre, c’est pourquoi il s’oppose à l’amour. Et si vous vous opposez à l’amour, vous perdrez la danse.

Sans amour, il n’y a pas de danse dans la vie, pas de chant. Sans amour, il n’y a pas de poésie. La vie devient morne, un boulet. Sans amour, il est possible de vivre, mais seulement au minimum. C’est quasiment végéter.

Et c’est ce qui est arrivé à la spiritualité orientale. Allez dans les monastères, allez dans les ashrams… C’est pourquoi mon ashram a l’air totalement différent – car les gens y dansent, ils chantent, se tiennent la main, se prennent dans les bras, ils sont aimants, joyeux ; ceci n’est pas le concept oriental d’un ashram. Un ashram doi être absolument dépourvu de joie ; il doit davantage ressembler à un cimetière qu’à un jardin. Mais au moment où vous empêchez l’amour, tout ce qui est fluide en vous devient stagnant.

Vous ne pouvez pas célébrer sans amour. Comment pourriez-vous célébrer sans amour ? Qu’allez-vous célébrer, et avec quoi ?

Un jour Mulla Nasruddin m’a dit : « J’ai vécu cent ans. J’ai célébré mon centième anniversaire et je n’ai jamais couru après une femme de ma vie ; je n’ai jamais rien bu non plus. Je n’ai jamais joué aux cartes ni parié. Je ne fume pas. Je mange une simple nourriture végétarienne. »

Je lui ai demandé : « Mais alors, comment avez-vous célébré votre centième anniversaire ? Comment pouvez-vous célébrer ? Avec quoi ? Et pour quoi ? Se contenter de vivre pendant cent ans ne peut pas être une célébration. »

Si vous n’avez pas aimé, vous n’avez pas vécu.

L’Orient est contre l’amour. C’est pourquoi la spiritualité orientale est triste, morne, morte. Aucun jus ne coule dans le saint oriental. Il a peur de tout ce qui coule, de toute vibration, de toute pulsation, de tout courant d’énergie. Il se contrôle constamment, se réprime. Il s’assied sur son énergie, il est sur ses gardes. Il est contre le monde et contre lui-même. Il attend simplement de mourir, il se suicide lentement.

L’homme occidental a aimé, il a ri, dansé et chanté, mais il ne sait plus du tout qui il est. Il a perdu toute trace de la conscience, il n’est pas conscient. Il est devenu de plus en plus mécanique, parce qu’il dénie ce qui est intérieur. Le rire est donc là, mais il ne peut pas avoir la même profondeur. La profondeur n’est pas acceptée.L’Occident vit donc avec un rire superficiel et l’Orient vit dans une profonde tristesse. C’est cela la misère, l’agonie de l’homme.

Mon message, c’est qu’à présent il est temps, l’homme est suffisamment mature pour sortir de ces modèles de comportements partiels, bancals. Il faut laisser tomber ces programmes, les changer. On devrait accepter totalement les deux : l’intérieur et l’extérieur, et sans aucune condition.

Alors on aura la conscience et on aura l’amour ; ils ne seront pas contradictoires, mais complémentaires. L’amour vous donnera la joie, la conscience vous donnera la cristallisation. La conscience vous rendra conscients de qui vous êtes, et l’amour vous rendra conscients de ce qu’est le monde. Et entre ces deux rives coulera la rivière de la vie.

Osho, « Aimer vivre », Almasta Editions.

Aimer vivre


« Je peux parler indéfiniment car je n'ai pas d'enseignement. Je ne suis pas ici pour donner de réponse, je suis ici pour provoquer en vous un point d'interrogation. Je ne peux vous donner qu'une direction, une intense passion de découvrir... J'enseigne l'amour de la vie. Je mets l'accent sur les verbes, je ne le mets pas sur les noms. Evitez les noms ! Dans le langage, on ne peut pas les éviter, je le sais bien. Mais dans la vie, évitez-les, car la vie est un verbe. » 0sho





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Samedi 13 novembre 2010, France Inter accueille des libertaires.
Libertaires ? Et alors ! avec Françoise Simpère et Bernard Hermann

Françoise Simpère est écrivaine écolo, érotique et libertaire. Une lutine qui milite pour la biodiversité amoureuse et les amours pluriels. Changer son couple pour changer le monde, voilà les utopies de cette ex-soixante-huitarde qui croit toujours aux vertus du «tous ensemble mais autrement».

Les autres, ce n’est pas l’enfer, mais il s’en passe ! Georges Hermann, un ermite qui vit comme «Alexandre le bienheureux», entre son lit, le frigo et sa fenêtre avec vue sur les autres et Notre Dame de Paris. Un ex grand voyageur devenu photographe du kilomètre zéro.
«D’abord ne fais rien, ensuite repose-toi», c’est la maxime d’Hermann qui écoute sa moustache pousser.
Un abstinent sexuel qui revendique la méditation et la paresse : l’art de ne rien faire avec savoir faire.

Travailler peu pour jouir sans entrave, seul ou à plusieurs.
L’art du dilettantisme pour échapper à la course au toujours plus.
Libertaires, oui mais après ? Libertaires avec ou sans les autres, ça se discute !

1 comment:

  1. " L’Orient est contre l’amour. C’est pourquoi la spiritualité orientale est triste, morne, morte " . Pardon mais c'est pourtant loin de la réalité, le bouddhisme enseigne l'amour sans limites, sans attachements, à tout les êtres, c'est ce qu'on appelle la compassion. Chacun se fera une idée, mais il me semble que l'auteur de cet article n'a pas compris ce dont elle parlait précisément. Une personne avertis en vaut deux !

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