Tuesday, September 08, 2015

La Tradition est Révolution

par Michael

Ce que nous cherchons à l'extérieur est à l'intérieur de nous, cherchons le par nous-mêmes, l'observation de soi est la clé de la connaissance, comme pour la science, l'observation est pré-requis au savoir dans l'appréhension des faits, l'ouverture du réel. Sur le plan spirituel c'est exactement la même chose, notre corps est un laboratoire vivant et mystérieux.

Mais à la différence de la science le savoir n'est pas la connaissance…

Le savoir peut défricher le sentier qui mène au chemin de la connaissance, mais il ne peut nous amener à la connaissance. Il peut même devenir un obstacle à la connaissance si nous focalisons trop notre rapport au réel sur une base mentale connue nous créons des obstacles à la survenue du "tout autre" en nous.

Paracelse qui est même si on l'a oublié un des pionniers de la science moderne disait qu'il fallait brûler les livres symboliquement pour ne plus être parasiter par les solutions anciennes et partir d'un esprit neuf en contact avec ce qui Est nécessaire en l'instant. Le chemin spirituel propose d'acquérir cette attitude intérieure vis-à-vis des livres et du savoir, à un moment il faut les brûler sur la place publique de notre esprit pour laisser surgir l'inconnu sans se reposer sur nos constructions mentales anciennes. Voyons avec lucidité qu'aucun des anciens chemin ne permettent la réalisation du nouveau. Comme le dit l'évangile selon Matthieu 9:17 : " On ne met pas du vin nouveau dans de vieilles outres ; autrement, les outres se rompent, le vin se répand, et les outres sont perdues ; mais on met le vin nouveau dans des outres neuves, et le vin et les outres se conservent."Ainsi, pouvons-nous nous poser la question : "Qu'est-ce que la vérité ?"

Est-ce que tous ce qui a été écrit, dit, fait depuis l'aube de l'humanité en matière de religion, philosophie, ésotérisme, science etc. a eut quelques choses à voir avec la vérité ?

Est-ce que la vérité a réellement touché ce monde des humains si chaotiques ?

Et si la vérité a effleuré le monde humain qu'en a-t-il fait ?

La vérité serait-t-elle ce qui Est et non ce qui a été ou ce qui devrait être ?

Etre serait-t-il le cœur de l'existence même ?

Si nous l'admettons alors, que sommes-nous ?

Est-ce que nous sommes ce que nous sommes où bien essayons-nous de devenir quelque chose ?

Et si tous les moyens que nous utilisons pour devenir quelque chose nous éloignez de la vérité de ce que nous sommes ?

Ainsi, faisons l'expérience de partir des faits de ce que nous sommes dans l'instant et voyons ce qui émerge sans essayer d'être autre chose que ce que nous sommes dans ce qui Est.

"Nous sommes le monde et le monde est nous" disait Krishnamurti. C'est-à-dire ce que nous voyons à l'extérieur c'est ce que nous sommes. Nous voulons transformer le monde ? Mais si nous ne nous transformons pas avant il ne changera pas...

Ainsi l'humain et le monde est une seule et unique identité.

Ce que nous voyons à l'extérieur c'est ce que nous sommes mais ce que nous essayons de faire quand nous engagerons dans une voie religieuse, philosophique, scientifique, spirituelle ou autre c'est d'échapper à ce que nous sommes... Alors, bloquons les issues de secours !

Le chemin spirituel authentique est l'antithèse de tout ce qui est fait communément depuis des millénaires et qui n'a fait que maintenir la prison dans laquelle croupie l'humanité. Nous avons cherché dans d'infini direction pour trouver des solutions au chaos généralisé des esprits et nous voila encore aujourd'hui à l'ombre d'une 3ème guerre mondiale potentiellement probable…

Nous avons créer tant de choses qui nous ont éloigné de nous-mêmes …

Et encore aujourd'hui dans cette mouvance néo-spiritualiste remplient de méthodes express, de techniques ultimes qui fonctionnent un temps et que l'on lâche pour une autre après avoir perdu beaucoup d'argent et d'illusions …

Pour Etre il n'y a pas de techniques ! Pas de prothèses à rajouter !

Voir ce que l'on Est … Et au fur et à mesure la notion de ce que l'on est change d'elle-même. Au départ nous observons que nous sommes nos pensées, puis ensuite que nous observons nos pensées et à un moment l'observateur disparaît et fait place au "tout autre" dont on ne peut rien dire de plus que le silence...

Il y a une différence fondamentale entre l'homme de la tradition et l'homme qui sort des traditions et qui va à la rencontre de ce qui vient l'esprit lavé du passé... Nous n'avons aucunement besoin de connaître des textes sacrés ou des termes hébreux ou sanskrits pour faire l'expérience de l'Etre que nous sommes, il nous faut vider la coupe car elle est pleine à ras bord des impasses du passé...

Vivre c'est brûler les questions !

Tout questionner, tout remettre en question, tout déboulonner, briser toutes les idoles !

Si l'on étudie avec sérieux l'histoire humaines n'a-t-elle pas été une suite de mensonges plus qu'une suite de vérité ?

Nous vivons dans le mensonge et le premier menteur c'est nous même envers nous même, alors comment voulons nous qu'il en soit autrement du monde ?

Plutôt que d'essayer de transformer nos émotions, nos pensées, nos états de conscience qui sont bien souvent des tentatives d'échapper à la vie telle qu'elle est. Vivons la vie telle qu'elle est et voyons ce qui surgit de cette flamme de l'attention sans le désir de changer...

Nous essayons sans relâche de cultiver en nous-mêmes des qualités comme l'amour, la paix, l'acceptation etc. Et nous nous épuisons à essayer d'aimer, d'accepter, mais si nous arrivons à laisser être ce qui est sans volonté de changer alors les brumes du devenir se dissipent et font place à ce qui a toujours été là en tant que qualité de ce que nous sommes foncièrement. En nous déposant en nous-mêmes sans rien faire de spécial nous nous apercevons que ce que je cherchais l'individu séparé que nous avions cru être était en fait un retour à sa propre source qui possédait déjà toutes les qualités d'amour, d'acceptation, de paix puisque cet océan de conscience est cela... Nous sommes Cela !

La fin de la quête d'une vie entière n'est pas une chose qui viendra demain, tout là bas, un jour quand nous nous serons épuiser dans tous les sens à refuser de voir l'évidence de ce qui Est. Mais cela peut surgir là, maintenant, tout de suite, car nous n'avons jamais cessé d'être arrivé.

Dans notre monde moderne hyper-mentalisé où même la spiritualité a dû se calquer aux dogmes scientistes ambiant, où l'on parle de neuroscience, de physique quantique, d'évolution il apparait qu'on a oublié les principes fondamentaux et simple de la nature de l'esprit. On considère un être humain comme une voiture sans options sur laquelle on a la possibilité d'ajouter des options pour l'améliorer, faire du tunning, un moteur plus puissant, une carrosserie plus attrayante et là je ne parle même pas de cette folie cybernétique qui veut robotiser l'humain mais du simple petit monde du développement personnel ou occulte qui ont perdu de vu (s'ils l'avaient eut en vu un jour ?) qu'il existe en l'homme un processus à rebours, totalement naturel, sans force et que cela se fait quand nous nous remettons en tant que personne à plus grand que nous. Et comme nous avons évacuer Dieu en évacuons la religions qui l'avait pervertie nous assimilons ce "plus grand que nous" a un Dieu de religions. Mais cela n'a rien à voir, ce plus grand que nous est ce qui est plus grand que nous en nous et autour de nous et non séparé de nous et nous soumettant à lui, c'est très différent en terme d'implication intérieure. Nous découvrons le lâcher prise véritable, la foi véritable, la totalité véritable.

Jusqu'à quel point avons-nous été déporté de nous-mêmes déjà par des siècles de religions qui ont cultivé la dualité entre la créature et le créateur et la soumission à cet instance imaginaire, puis une science qui nous a coupé en deux pour finir le tout en nous disant que nous étions que des amas de chair et d'os perdu dans un univers soumis aux hasards et à la nécessité... Et donc nous ne sommes jamais assez bien pour personne alors il nous faut être un individu à tout prix et nous perdons notre vie à gagner un but qui nous n'atteindrons jamais. Car cette lutte part de notre insatisfaction d'Etre et nous l'acquisition d'avoir pour Etre. Nous fuyons sans cesse la réalité de ce que nous sommes, car c'est trop simple, trop évident, trop direct, trop près de nous...

Retournons le regard il suffit à lui-même, laissons se déposer les choses, rien de grand ne se fait en un jour, tout prends du temps sans prendre de temps, cette vérité est un paradoxe immense à déguster chaque second de votre Etre...


4 comments:

  1. Anonymous8:35 AM

    Beau texte de "Michael chevauchant le dragon".
    Il serait orné à propos d'une représentation de Shiva sous son aspect "naṭarāja" ... par une concession aux images du passé.

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  2. Anonymous9:45 AM

    Ce texte de Michael semble inspiré par une réelle expérience intérieure de la Réalité.

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  3. C'est bien dit mais j'ai beau essayer je n'arrive à rien (ce qui est déjà pas si mal).

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  4. Anonymous9:08 AM

    Croyance n’est pas sagesse.

    Les êtres sous l'emprise d'entités à leur insu partagent une conviction aussi belle et solidement établie.
    Car au fond de soi, on ne trouve pas que "dieu en personne" mais aussi tous les "démons" imaginables.
    "Lâcher prise et foi", sans discernement, sont les portes ouvertes à cette emprise. Toutes les superstitions de l’Histoire sont aussi nées dans ce creuset à fumée.

    Cette option existentielle n’est par ailleurs rien d’autre que la voie ordinaire de l’artiste ou du poète. Rien de neuf à l’ouest.
    On ne peut qu’inviter l’auteur à se lancer dans la création poétique, par exemple. Sans création, cette voie artistique reste avortée au niveau du projet théorique, du beau discours.
    Les adeptes new age, par exemple, aiment s’appeler mutuellement "co-créateurs" mais on attend toujours l’expression de leur génie créatif !

    L’art participe de la vie mais croire que l’art va résoudre tous les problèmes reste tout de même assez naïf.
    Tous les artistes vivant cette option, cette foi en leur muse intérieure, n’accèdent pas non plus à une création vraie. Beaucoup de déchet.
    L’art (jusqu’aux limites du lâcher-prise et de la foi en sa propre créativité) n’a pas plus que d’autres voies démontré un quelconque "pouvoir magique" de gérer l’Histoire avec pertinence.
    Cette option donne bien sûr du sens à la vie de l’artiste lui-même, sous son regard nombriliste, et à celle de ses admirateurs, s’il a du talent.

    Le problème des innombrables écueils historiques n’est certainement pas l’excès mais plutôt le manque de discernement.
    Une maxime comme "wuwei" ne peut prendre sa pertinence qu’après un long apprentissage du discernement (à ne pas confondre avec les méandres du mental). Cela s’appelle aussi la vigilance
    Sans cette vigilance, tout lâcher prise mène droit dans le mur.
    Ce texte, parti d’une bonne intention, n’apporte malheureusement rien de neuf : se dispenser de l’Histoire est une option qui fait déjà partie de l’Histoire ... on tourne en rond.
    D’innombrables personnes du passé, surtout en Orient, ont partagé et vécu une conviction identique. L’Orient se porte-il-mieux que nous ? La réponse est évidente : non.

    Lire l'Histoire sert à ne pas répéter les erreurs du passé ... ceci ne s'appelle pas la connaissance mais l'humilité.
    Se convaincre détenir l'Etre (avec une majuscule) et surtout la solution magique au mystère de la vie ne témoigne pas d’une humilité pleinement acquise.
    Un tel discours séduit plus qu'il n’enseigne.
    La sapience de l'être a placé en l'humain des aptitudes (comme l’intellect, l’esprit, etc.) dont certains abusent par orgueil et dont d'autres pensent, par réaction, pouvoir se dispenser ... par un orgueil comparable.
    La vie reste un mystère. Le mystère appelle patience et humilité et surtout reste inaccessible.
    La croyance, par contre, et surtout l’illusion restent à portée de tous, surtout derrière la porte séductrice du "lâcher-prise".

    Ce beau texte témoigne d’une foi louable en la vie mais elle ne suffit pas.
    L’égarement fait aussi partie de la vie et de l’Histoire.
    "Croire en la vie" reste une tautologie.

    Si un nouvel artiste est né, tant mieux.
    Cela va-t-il changer le monde plus que l’art antérieur ???

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