Saturday, September 12, 2015

Wahhabisme & Nouvel Ordre Mondial




Le wahhabisme, l’idéologie des égorgeurs du Daech, constitue une véritable rupture épistémologique par rapport à la tradition islamique classique, mais aussi par rapport à ce qu’il convient de nommer l’islam populaire. […] Il s’agit bien d’une hérésie schismatique que les savants musulmans, mais aussi les intellectuels laïques arabes, désignent sous le terme de « dajjâl », dont la traduction la plus exacte serait l’antéchrist ! […]


Jeunes pris au piège

Dans l’Union européenne la plupart des jeunes gens issus de l’immigration n’ont de leur religion qu’une connaissance extrêmement sommaire. Dès lors il est facile de les influencer en leur prêchant un islam soi-disant originel, pur et infalsifié… à l’image des lois de la concurrence libérale qui doit tendre par tous les moyens, y compris coercitifs, à devenir « pure et parfaite » dans le paradis terrestre de l’hypercapitalisme.



Jacques Attali, Bernard-Henri Lévy et tant d’autres agitateurs 

Si l’Islam se limitait aux différentes expressions du wahhabisme, la guerre totale entre civilisations serait proche. Nous parlons d’une guerre opposant un milliard d’Occidentaux de culture chrétienne à un milliard et demi de musulmans. La folie et l’absurdité d’une telle perspective saute aux yeux. Pourtant ce choc des cultures, certains — à l’instar de ces penseurs doublés agitateurs que sont en France les Jacques Attali, les Bernard-Henri Lévy et tant d’autres, notamment dans les think tanks néoconservateurs de Washington — le présentent comme probable sinon comme inéluctable. Et l’on sait que l’influence de ces maîtres penseurs peut aller, comme dans le cas de la Libye, jusqu’au bain de sang et au chaos durable.



Interprétations primaires et erronées du Coran

Le wahhabisme est un littéralisme exacerbé. De ce seul point de vue il est exorbitant de la foi islamique telle que révélée dans le Coran. Pour illustrer ce propos rappelons que la prédication du juriste Abdul Wahhab (1703-1792) se développe en prenant chaque mot, chaque phrase de la Récitation au strict pied de la lettre. C’est-à-dire dans son sens littéral absolu au point qu’il en arrive à faire dire au Coran des énormités phénoménales. Ainsi Dieu serait concrètement assis sur un trône et aurait une jambe en enfer. Chaque musulman voit bien que doter Allah d’un corps matériel a quelque chose de particulièrement incongru… nul n’ignorant que ce type de représentation est purement métaphorique. Il s’agit d’une image et non d’une description anthropomorphique de Dieu.



Négations et manipulations dans un but politique


Mais cela ne serait rien si ce littéralisme, cette lecture primaire, primitive du Coran ne conduisait les adeptes du wahhabisme, au prétexte d’un retour au sources, autrement dit d’une salafiya, d’une imitation de la vie du prophète, à la négation des principes mêmes de l’islam… Ou à réduire le Coran à une lecture juridique restrictive à l’extrême manipulée en fonction des besoins de conquête politique et de consolidation d’un pouvoir temporel… celui de la famille régnante d’Arabie ou des multiples avatars des Frères musulmans comme en Turquie avec le régime islamokémaliste d’Erdogan Ier !
Djihad dévoyé 

Pire, les wahhabites en sont venus à inventer un VIe pilier de la foi islamique. À savoir une obligation cachée qui serait celle de la conversion par la force des incroyants ou des mauvais croyants et apostats… ce qui concerne en l’occurrence tous les chiites et les courants soufis, ainsi que la plus grande partie des musulmans sunnites dont les pratiques religieuses seraient entachées de mécréance. Pour ce faire les wahhabites ont inventé de toute pièce un devoir de guerre sainte. Une interprétation dévoyée du djihad qui est avant tout — n’en déplaise aux malveillants de toutes obédiences — un effort de perfection individuel. Au départ une guerre intérieure à soi-même, guerre contre nos faiblesses, nos passions et la tentation du Mal, laquelle nous habite ou nous guette en permanence. Ce faisant les wahhabites, en imposant l’obligation du djihad, ont commis ce que docteurs désignent sous le terme de bid’a, une innovation blâmable. […]

Frères musulmans et Wahhabisme

Sans être “une société secrète wahhabite”, les Frères musulmans n’en sont pas moins l’un des prolongements de la secte mère dont le siège est à Riyad. Un travail minutieux de comparaison entre les doctrines et les programmes mériterait d’être conduit. Mais insistons sur un point déjà évoqué : le wahhabisme de même que la jamiat al-Ikhwan al- muslimin [La Confrérie des Frères musulmans] sont essentiellement, avant tout des outils idéologiques c’est-à-dire non religieux sous leurs oripeaux de puritanisme. Ce sont des moyens idéocratiques de conquête et rien d’autre. D’évidence le wahhabisme n’est pas la simple et pure expression d’une foi vivante, mais sa caricature outrancière. Les musulmans ne s’y trompent pas qui le dénoncent comme tel. Ce sont les docteurs de l’islam qui le disent à tout bout de champ. [...] C’est-à-dire tous ceux dont l’« Occident » paresseux n’entend pas la voix parce qu’il est plus facile de faire de la sociologie de bazar dans les banlieues des métropoles européennes à forte densité d’immigration… que de se pencher avec quelque humilité sur la dimension théologique du phénomène djihadiste et de son soutien proactif par cet autre puritanisme qu’est le calvinisme anglo-US lorsqu’il se fait l’instrument d’un impérialisme sans âme ni entrailles.

Les soutiens de l'Etat islamique : Washington, Londres, Paris, Ryad, Tel-Aviv, Amman, Doha, Ankara.

Fait aujourd’hui oublié, l’Association des Frères musulmans que crée Hassan el-Banna en 1928 accueille aussitôt après sa naissance des membres de l’Ikhwan qui fuient le Nejd pour échapper aux représailles d’Abdelaziz ibn Séoud. Ce sont ces hommes qui formeront le noyau dur de la nouvelle Fraternité égyptienne. Lorsqu’en 1954 la Confrérie est dissoute par Nasser, en sens inverse, les cadres de la Confrérie partiront naturellement se ressourcer à Riyad. In fine, de la Confrérie naîtra dans les années soixante-dix le Jihad islamique égyptien, devancier de Daech, qui visait au rétablissement du califat en Égypte. C’est ce que vient d’accomplir l’État islamique avec la bénédiction des “alliés frères ennemis” d’Ankara, Londres, Paris, Ryad, Doha, Washington, Amman et Tel-Aviv.

Prendre le contrôle de l'islam et lui imposer la nouvelle religion mondiale 
(adaptée à l'islam)

L’expansion continue du wahhabisme au cours du siècle passé est étroitement liée à celle du modèle financier, économique et sociétal anglo-US. Le sort de la péninsule arabique a été indissolublement lié depuis 1945 et jusqu’à aujourd’hui à l’Amérique-Monde… laquelle forme une sorte d’hydre à têtes multiples dont les principales sont Manhattan, Chicago (la bourse mondiale des matières premières), Washington avec la Réserve fédérale, la Cité de Londres, Bruxelles pour l’Otan, Francfort, siège de la Banque centrale européenne et Bâle qui abrite une super société anonyme, au sens juridique, la Banque des banques centrales, en un mot la Banque des règlements internationaux ! À ce titre il serait réducteur de ne voir dans l’idéologie wahhabite qu’un instrument d’influence voire de domination régionale. Le monde musulman représente un milliard et demi d’individus. Prendre leur contrôle est un enjeu de taille. Dans cette perspective sans doute faut-il voir dans l’idéologie wahhabite une tentative sans équivoque de subversion de l’islam. En d’autres termes, la version islamique, à savoir “adaptée à l’islam”, de la nouvelle religion globale qui tend à s’imposer à toutes les nations et tous les peuples, qu’ils soient chrétiens ou musulmans. Religion sociétale, religion de mutation civilisationnelle qui précède et accompagne la progression d’un mondialisme cannibale. Une religion destinée à se substituer à toutes les autres et que l’on peut désigner à bon escient comme le “monothéisme du marché”.

Extrait de l'interview de Jean-Michel Vernochet, auteur du livre « Les Egarés ».

Télécharger gratuitement la totalité de l'interview :
http://www.luttedeclasse.org/dossier28/wahhabisme_241214.pdf


Les Egarés : Le Wahhabisme est-il un contre Islam ?


Dans l'Orient proche et lointain, une guerre, violente et sourde à la fois, se déroule sous les yeux d un Occident frappé de cécité. Une idéologie nouvelle, quoique âgée de deux siècles et demi, monte en puissance et tend désormais à s'imposer comme la nouvelle orthodoxie musulmane, le wahhabisme. Un rigorisme radical qui entend se substituer à l'Islam traditionnel sous couvert d'un retour à la pureté originelle de la révélation coranique. « Idéologie » et non religion puisqu'il est ici question de l'islam politique ou, autrement dit, de l'islamisme, lequel revêt aujourd'hui de multiples visages selon les lieux et les circonstances... que ce soit celui des Frères musulmans, celui de la prédication salafiste ou encore du djihadisme sanguinaire. Idéologie, « nihiliste foncièrement hostile aux valeurs traditionnelles et à tous les musulmans », promue et diffusée au sein et hors de la Communauté des Croyants, en Terre d'Islam, mais aussi d'Europe, notamment par ces deux « faux amis » de l'Occident que sont le Qatar et l'Arabie. Un schisme dévorant s'est ainsi installé au cœur de l'Islam, exacerbant le vieil antagonisme séparant sunnites et chiites. Rien cependant n'explique au XXIe siècle la haine apparemment irrationnelle que le wahhabisme voue au chiisme en général et aux chiites en particulier, hormis la finalité cachée du dogme wahhabite... Celui-ci vise en effet au monopole eschatologique, universel et ultime, après son triomphe sur les ruines de toutes les autres constructions théologiques et métaphysiques de l'espace islamique, voire post-chrétien. Finalement, si les intérêts occidentalistes ne sont pas exactement les mêmes que ceux des monarchies wahhabites, ces intérêts se recoupent largement au plan géostratégique, géoénergétique ou encore sur celui de la mondialisation financière... Pire, ils convergent dans la diffusion d'un islam désincarné participant d'un monothéisme sans âme, à savoir la religion d'un monde globalisé, porteuse de toutes les dérives peu ou prou totalitaires.





8 comments:

  1. Anonymous12:14 PM

    La haine des tueurs wahhabites, serviteurs du Dajjal, à l'encontre des chiites a une autre raison : la révolution islamique a mis l'Iran hors de la sphère d’influence et du contrôle de l'empire anglo-américano-sioniste utilisé par le Dajjal pour dominer le monde. L’imam Khomeini avait pertinemment diabolisé les USA, en utilisant le terme approprié de « Grand Satan ». Et, ne l'oublions pas, la France fut qualifiée « de Petit Satan » par l'imam Khomeini (malgré le statut de réfugié politique qu'i avait obtenu dans ce pays). Mais, depuis la révolution de 1789, la France a des aptitudes antéchristiques avérées.

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  2. Anonymous9:40 PM

    Si on se base sur l'eschatologie des 3 monothéismes, ce qui doit arriver arrivera. Il est vain de s'y opposer. Mais il n'est pas inutile d'être prévenu.

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  3. Anonymous9:46 PM

    DAECH est arrivé en Europe et y possède un camp d'entraînement.
    L'organisation de l’Etat islamique d'Irak et de Syrie s’est offert en secret un bastion dans un village isolé en Bosnie-Herzégovine.
    http://www.20minutes.fr/monde/1654147-20150720-quand-daesh-met-main-village-isole-bosnie

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  4. Anonymous10:06 PM

    C'est bien tous ces gens ici qui ont tout compris, vraiment épatant ces extra-lucides, en plus ils sont rigolos.

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  5. Anonymous10:06 AM

    Les deux écrivains chrétiens qui mentionnent le plus explicitement le personnage de l'Antéchrist (Dajjal) sont saint Jean et saint Paul.

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  6. Anonymous10:09 AM

    Des textes de saint Jean et de saint Paul contiennent les notions fondamentales concernant l'Antéchrist.
    Nous en distinguerons quatre :
    1- L'apparition, dans le futur mais avant le Jugement dernier, d'un "Séducteur" qui sera un personnage historique bien
    défini et auquel les écrivains sacrés donnent par avance le nom d'Antéchrist, d'homme de péché, de fils de perdition,
    d'adversaire et d'impie.
    2- Parmi les contemporains des Apôtres, la manifestation d'une certaine catégorie de mauvais chrétiens qui sont
    imprégnés de l'esprit de cet Antéchrist et qui professent sa doctrine, niant que Jésus est le Christ, niant le Père et le Fils,
    ne confessant pas Jésus et ne confessant pas que Jésus-Christ soit venu dans la chair (ce dernier reproche désigne les
    "docétistes" c'est-à-dire ceux qui prétendent que Notre-Seigneur Jésus-Christ, sur la Croix, n'a souffert qu'en apparence,
    la chair d'un Dieu, selon eux, étant impassible). A ces mauvais chrétiens, saint Jean donne, par extension, le nom
    d'Antéchrists puisqu'ils annoncent l'Antéchrist personnel dont ils partagent déjà les doctrines. C'est dans ce sens que
    l'esprit de l'Antéchrist "est déjà dans le monde". Bien plus, ces petits antéchrists forment déjà, avec le grand Antéchrist
    final, un être collectif, que l'Apocalypse appellera "la bête".
    3- Saint Paul met les chrétiens de sa génération en garde contre les agitateurs qui voudraient les convaincre que le
    "Jour du Seigneur" (à savoir le "Jugement dernier") est imminent.
    4- L'Antéchrist ne sera pas Satan en personne. Il sera un homme auquel Satan communiquera des pouvoirs
    exceptionnels pour opérer des pseudo-miracles et des prodiges mensongers.

    Source : Jean Vaquié

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    1. Anonymous2:23 PM

      Attention lorsque l'on parle des mauvais chrétiens à la troisième ou la deuxième personnes plus qu'à la première, comme le faisaient déjà les pharisiens autrefois en jugeant leurs coreligionnaires.
      L'antichrist n'est alors pas loin ... il entre en soi.

      Quelle est la portée spirituelle de cette personnification de l'antichrist en un individu historique ?
      Invite-t-elle le fidèle à juger autrui ? Certes non car qui juge sera jugé.

      Cette personnification symbolique par le mythe invite chaque fidèle à faire son propre examen de conscience pour voir en quoi il participe lui-même, par ses propres manquements, à la propagation de la dérive de l'anti-christ.

      Ceci dit, cela n'empêche nullement toute vigilance saine envers les tentateurs et tentations de toutes sortes et ils sont nombreux. La sagesse élémentaire recommande cette vigilance, déjà avant la mission christique.

      Que préconise Jésus comme attitude à l'égard de ces tentateurs ?
      Aime ton prochain comme toi-même. Aime même ton ennemi. Cette invitation ne comporte aucune exception, même pas l'antichrist en personne !
      Voici le plus grand danger de la perversion de l'antichrist : le chercher en autrui plus qu'en soi-même jusqu'à perdre de vue l'amour du prochain.

      Mea culpa et bien à vous.

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  7. Anonymous5:43 PM

    « Sur un point de vue politique extérieur, le sionisme Américano-Européen (la France du sioniste
    Sarkozy puis de l’ultra sioniste Hollande, Fabius en tête) s’est ingéniée à paradoxalement réislamiser
    le Proche Orient sous couvert tantôt humanitaire, tantôt de démocratisation, tantôt
    de menace nucléaire ou d’ « armes de destruction massive » en substituant des salafistes
    aux laïcs Hussein, Kadhafi, Assad qui ont été présentés jours après jours, par les groupes
    médiatiques intégralement sionistes européens et américains comme des tyrans. (Le seul organe
    international de presse non sioniste est basé dans la Russie de Poutine : Russia Today.) »
    Raivelot

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