dimanche, novembre 11, 2018

Conseils de lecture

 Les conseils de lecture de Pierre Yves Lenoble





Bibliographie perennialiste :


- Burckhardt Titus, Principes et méthodes de l'art sacré, Dervy, 1995.


Les historiens de l’art, qui appliquent le terme d’ « art sacré » à n’importe quelle oeuvre artistique à sujet religieux, oublient que l’art est essentiellement forme : pour qu’un art puisse être appelé
« sacré », il ne suffit pas que ses sujets dérivent d’une vérité spirituelle, il faut aussi que son langage formel témoigne de la même source. Seul un art dont les formes mêmes reflètent la vision spirituelle propre à une religion donnée, mérite cette épithète. Plus de soixante ans se sont écoulés depuis la parution en français de ce texte magistral, traduit en plus de 10 langues à travers le monde.
Titus Burckhardt a été le premier à présenter dans un seul ouvrage le cœur et l’essence des grandes formes traditionnelles d’art sacré tant d’Orient que d’Occident. Il a produit une synthèse et une source féconde à laquelle beaucoup de spécialistes viennent continuellement puiser.



- Cohn Norman, Cosmos, chaos et le monde qui vient, Allia, 2000 


Cette anthologie réunit, pour la première fois dans leur version intégrale et pour la plupart inédits en français, les essais majeurs de l'historien d'art et métaphysicien, Ananda Coomaraswamy, sur le symbolisme et l'architecture sacrée aussi bien en Orient que dans l'Occident médiéval. Centrés autour d'un thème essentiel, la Porte du Soleil ou Porte du Ciel, qui permet à l'être de sortir du cosmos et d'accéder à la connaissance divine, et fruits de plus de trente années de recherches, entreprises en Inde puis aux Etats-Unis, alors qu'il animait à Boston le premier département d'art oriental constitué sur le sol américain, ces articles présentent une synthèse sans précédent révélant l'unité fondamentale des traditions aussi bien que leur permanente actualité. Utilisant une information considérable couvrant les principales traditions révélées (et tout particulièrement l'hindouisme, le bouddhisme et le christianisme) mais aussi le folklore mondial, l'auteur dégage les principes, les symboles et les mythes essentiels qui, partout, ont présidé à l'édification des temples dans les civilisations traditionnelles. Il montre comment ceux-ci se sont articulés avec la vie spirituelle de l'humanité depuis ses origines à nos jours et quelle perte leur abandon constitue pour l'humanité. Préfacé par le professeur Adrian Snodgrass, spécialiste de renommée internationale en architecture et histoire de l'art oriental, cet ouvrage érudit est une véritable ouverture à cette " pensée symbolique " qui précède le langage et la raison discursive et qui se retrouve un peu partout sur notre globe.


- Coomaraswamy A. K., La signification de la mort, Archè, 2001 

- Corbin H., Corps spirituels et terres célestes, Buchet Chastel, 2005 

- Corbin H., Face de Dieu, face de l'homme, Entrelacs, 2008 

Henry Corbin a su montrer au fil de ses travaux quelle était l'importance de la figure de l'Imâm en islam iranien. Dans les articles qui composent ce recueil, il poursuit cette mise en évidence de l'Imâm : le guide, qui est à la fois " la Face divine montrée à l'homme et la Face que l'homme montre à Dieu ". Mais cette exploration le conduit bien au-delà de l'Iran, car cette double figure vient aussi interroger les autres religions, et en particulier les théologies chrétiennes de l'Incarnation. Selon Henry Corbin, on ne peut vraiment comprendre l'intention profonde de l'islam iranien, sans procéder à une herméneutique comparée, impossible sans le monde " imaginal " sur lequel l'ouverture du recueil fait ici le point de façon complète. Ainsi pourra-t-on lire un de ses chefs-d'oeuvre en ce domaine : l'éclairage mutuel de la gnose ismaélienne et de la pensée du grand visionnaire suédois Swedenborg. Sans déconnecter la métaphysique des sciences des religions, le voyage nous dévoile le sens de ces philosophies prophétiques, de ces théosophies mystiques.


- De Lafont G., Les Aryas de Galilée, E. Leroux, 1902 


Gilbert Durand, disciple de Bachelard, souhaitait en concevant cet ouvrage compléter "anthropologiquement" les recherches inaugurées par l'auteur de "la psychanalyse du feu". Son livre est devenu la référence de tous les travaux sur les mythes : une sorte de "jardin" des images, ordonné comme la botanique de Linné, un merveilleux répertoire organisé autour des grands schémas structuraux.


- Eliade M., Traité d’histoire des religions, Payot, 1949 

Qu'est-ce qu'un fait religieux et que révèle-t-il ? Qu'est-ce que le sacré ? Quel est l'idéal de l'homme religieux ? Une fois de plus, Mircea Eliade (1907-1986) met son érudition et sa puissance intellectuelle synthétique au service du lecteur pour l'éclairer sur les religions du monde entier, leur signification et leur histoire. Préface de Georges Dumézil.


- Eliade M., Le sacré et le profane, Gallimard, 1965 

- Evola J., Métaphysique du sexe, L'Âge d'Homme, 1989

Initialement paru en 1958, Métaphysique du sexe est un livre singulièrement intemporel qui n'a pas d'équivalent à notre époque. Il a pour objet l'étude de ce que signifient, d'un point de vue absolu, les sexes et les relations entre les sexes. Il vise aussi à cerner tout ce qui, dans l'expérience amoureuse, mène à un changement de niveau de la conscience ordinaire et à un certain dépassement des conditionnements du Moi individuel. Pour l'auteur, les potentialités les plus élevées de l'eros sont passées, à l'époque moderne, par suite d'une régression et comme par atrophie, à l'état latent. Il s'agit de les redécouvrir, notamment pas l'analyse des expressions constantes du langage des amants et des formes récurrentes de leur comportement. S'appuyant sur l'ontologie et l'anthropologie " traditionnelles ", Evola affirme que les sexes existent d'abord en tant que principes transcendants, antérieurs et supérieurs à l'humain. La clé du sens ultime de l'eros doit donc être cherchée dans l'univers du mythe, du sacré, des hiérogamies, et la psychologie de l'éternel masculin et de l'éternel féminin ne s'explique qu'à la lumière de l'ontologie. A travers l'eros se manifeste le besoin irrépressible de l'homme d'échapper à sa finitude, comme l'enseignent le mythe de l'androgyne et celui de Poros et de Pénia. En reprenant conscience de la primordialité métaphysique du sexe, l'homme occidental pourra sortir de ses bas-fonds psychiques et spirituels, où c'est le fait même d'être homme ou femme qui est destiné à s'effacer. Cette nouvelle traduction intégrale comprend un appendice sur l'homosexualité et un index des auteurs cités, qui ne figuraient pas dans les éditions précédentes.

- Evola J., L'Arc et la Massue, Pardès, 1984 

Par les mots " arc " et " massue ", l'auteur a voulu désigner les deux principaux domaines traités dans ce recueil d'essais. Partant toujours des mêmes principes, Evola étudie des problèmes très différents. Avec l'" arc " on atteint des objets éloignés, et sous cet aspect l'ouvrage aborde des questions d'ordre supérieur, comme celles des relations entre l'Orient et l'Occident, de la notion d'initiation, de l'essence des mythes et des symboles de la signification de la romanité, des voies de l'action et de la contemplation, etc. Avec la " massue " on frappe et on abat des objets proches et il s'agit alors des essais contenant une critique radicale et une prise de position sur différents phénomènes des mœurs et de la société contemporaines. Le lecteur y trouvera donc étudiés des problèmes actuels, très courants et à la portée de tous, mais envisagés selon des points de vue inhabituels, anticonformistes et se rapportant à une conception supérieure de la vie et de l'homme.


- Fabre d’Olivet A., Histoire philosophique du genre humain (2 vol.), Éditions Traditionnelles, 1991 

Antoine Fabre d’Olivet est né en 1767 et mort en 1825. Ecrivain et passionné de la langue d’occitane, il publiera « La langue hébraïque restitué ». il s’intéressa aussi à la théosophie et fonda plusieurs journaux dont « Le Palladium de la Constitution »


- Fabre d’Olivet A., Lettres à Sophie sur l’Histoire, L’Âge d’Homme, 2010 

- Fustel de Coulanges, La cité antique, Hachette, 1866 

La Cité antique est le plus célèbre ouvrage de l’historien français Fustel de Coulanges, publié en 1864. Utilisant une approche cartésienne, en se fondant sur les textes d’anciens historiens et poètes de l’Antiquité, l’auteur analyse les origines des institutions les plus archaïques des sociétés grecques et romaines. Dans la préface de cet ouvrage, l’historien avertit le lecteur de l’erreur qui consiste à examiner les mœurs des peuples de l’Antiquité en se référant à celles d’aujourd’hui, alors que l’étude de ces peuples nécessite de faire abstraction de nos préjugés pour ne s’en tenir qu’aux faits. Fustel de Coulanges voit dans la religion et le culte les fondations des institutions des Grecs et des Romains. Chaque famille a ses croyances et ses Dieux. C’est ce culte qui dirige les règles en matière de propriété, d’héritage, etc. Avec le passage du temps, la nécessité s’est faite sentir d’ordonner et de mettre en cohérence les règles qui régissent les relations entre les personnes, pour conduire peu à peu à des règles s’appliquant à des entités de plus en plus larges, pour aboutir à la plus vaste, la cité elle-même. Par conséquent, l’origine de la cité est également religieuse, comme en témoignent les lustrations, ces cérémonies de purification périodiques en relation avec le recensement de tous les citoyens, tout comme en témoignent aussi les banquets publics en l’honneur des divinités locales. Cependant, les lois originelles codifiaient les privilèges de l’aristocratie, provoquant l’insatisfaction de la plèbe, pour en arriver à la révolution sociale dans laquelle le bien-être de la société devient le nouveau fondement de la religion, redonnant vie à la cité jusqu’à son extinction avec l’arrivée du christianisme.

- Georgel G., Les Rythmes dans l’Histoire, Archè, 1981 

Commentaire de Dawud Abû Salmân

Gaston Georgel est historien et écrivain. Né le 25 mars 1899 au Tholy dans les vosges, il a vécu essentiellement en Franche-Comté (Belfort-France). Il est peu connu dans son propre pays, mais ces ouvrages et son travail sont appréciés au Brésil, en Russie, en Hongrie, aux Etats-Unis et dans d'autres régions du monde également.

Gaston Georgel est une référence en matière d'histoire des civilisations et de la doctrine des "cycles" à travers l'histoire humaine et de sa conception du temps (non-linéaire).
On lui doit notamment les autres livres suivants :
- Les quatre âges de l'humanité ;
- Chronologie des derniers temps ;
- Le cycle judéo-chrétien ;
- L'Ère future et le mouvement de l'histoire.


- Gimpel J., Les bâtisseurs de cathédrales, Seuil, 1958 

- Gougenot Des Mousseaux R., Dieu et les dieux, Saint-Rémi, 2007 

Le Beth-el (la pierre-Dieu, initialement bénie par Jacob qui la désigne comme Le Messie), adopté par les idolâtres, avons-nous dit, poursuivit avec rapidité le cours des nombreuses et des incessantes variations auxquelles est fatalement condamnée l'erreur. En interrogeant ses monuments et ses chroniques, en y plongeant, en soulevant ou en déchirant, les rideaux épais de ses fables, nous rencontrons comme en Palestine, Beth-aven ou maisons de mensonge, et chefs matériels des Dieux.


- Guénon R., Le Roi du Monde, Gallimard, 1958 

«Ce livre de René Guénon est sûrement celui qui, de toute son œuvre, présente l'étude la plus étrange et, en même temps, le document le plus révélateur des vrais mystères sur lesquels repose l'ordre cosmique et traditionnel du monde entier. Les doctrines et les symboles de toutes les traditions attestent de façon concordante l'existence d'une "Terre Sainte" par excellence, prototype de toutes les autres "Terres Saintes", qui est aussi le séjour du centre spirituel auquel tous les autres centres sont subordonnés. Le chef de ce centre suprême est le "Roi du Monde". Ce séjour est situé dans un monde nécessairement invisible pour les regards des profanes, et inaccessible à leurs recherches. Pour couper court aux risques d'acceptations grossières et aux illusions à peu près inévitables, il est précisé qu'un tel accès (du reste extrêmement rare dans l'histoire traditionnelle du monde extérieur) est lié à un très haut degré de réalisation spirituelle. On peut naturellement se demander si certaines précisions que ce livre donne étaient vraiment opportunes. René Guénon a répondu d'avance à une telle question : "Dans les circonstances au milieu desquelles nous vivons présentement, les événements se déroulent avec une telle rapidité que beaucoup de choses dont les raisons n'apparaissent pas encore immédiatement pourraient bien trouver, et plus tôt qu'on ne serait tenté de le croire, des applications assez imprévues, sinon tout à fait imprévisibles."» Bulletin de la NRF, n° 133, déc. 1958.

- Guénon R., Symboles fondamentaux de la science sacrée, Gallimard, 1962 

Le présent recueil réunit tous les articles concernant le symbolisme que René Guénon n'avait pas lui-même inclus dans l'un de ses ouvrages. Il constitue la partie la plus importante de ses travaux dans ce domaine, et vient illustrer en quelque sorte la doctrine qu'il a exposée dans toute son œuvre, tout en offrant ce qu'on pourrait appeler les moyens d'une universelle vérification dans la multitude innombrable mais concordante de données sacrées provenant des traditions les plus diverses. Malgré tout ce que l'auteur avait déjà traité en cette matière dans ses autres livres, ce volume constitue un trésor unique de science symbolique et restera comme un véritable monument de l'intellectualité sacrée.


- Guénon R., Le Règne de la Quantité et les Signes des Temps, Gallimard, 1972 

- Gusdorf G., Mythe et Métaphysique, Flammarion, 1984 

Comment est née la conscience philosophique ? Dans quelle mesure le mythe y a-t-il contribué ? Y a-t-il de l'un à l'autre rupture ou continuité ? Nourri des travaux de Bachelard, Lévi-Strauss, Dumézil, Eliade, salué à sa sortie par le grand historien des Annales Lucien Febvre, Mythe et métaphysique explore un continent resté longtemps inexploré de la pensée philosophique. Loin d'être une sorte de légende, de récit d'un savoir inférieur, le mythe possède une rationalité qui en fait un maillon essentiel dans l'histoire humaine. Un grand texte philosophique qui fait du mythe une « métaphysique première » adaptée à un moment de la conscience humaine.


- Huxley A., La philosophie éternelle, Plon, 1948 

Huxley, qui fit le tour du monde en sceptique et expérimenta les drogues en documentaliste, s'est défendu du pessimisme par ces deux formes de l'intelligence que sont l'ironie et le savoir. Cette anthologie de brefs textes de sages et de saints du monde entier, librement commentés, en est un très bel exemple. Des Vedas aux patriarches zen, en passant par saint Augustin ou des mystiques musulmans, Aldous Huxley explique les propos d'hommes et de femmes qui ont obtenu une connaissance immédiate de la réalité et ont tenté d'y rattacher un système de pensée englobant tous les autres faits de l'expérience. Ainsi explore-t-il avec eux la question de Dieu, celle de la charité, de la connaissance de soi, de la grâce et du libre-arbitre, du silence, de la prière, etc. – autant de thèmes de la philosophia perennis, la philosophie éternelle.


- Ibn Khaldûn, Discours sur l’Histoire universelle – Al-Muqaddima, Sindbad, 1997 

- Lacombe O., L'Absolu selon le Védânta, Geuthner, 1966 

- Leenhardt M., Do kamo, Gallimard, 1947 

L'auteur nous entraîne au long des sentiers canaques qu'il a longuement parcourus, au travers de la pensée des insulaires, de leur notion d'espace, de temps, de société, de parole, de personnage, et jusqu'à leur évolution moderne, où l'on voit, du travail d'individuation de la personne, se dégager les éléments structurels de leur mentalité, qui sont mythe et rationalité. Et l'on comprend alors ce que le Canaque entend lorsqu'il désigne do kamo, l'homme dans son authenticité.



- Levalois C., Les temps de confusion, Trédaniel, 1991 

- Müller M., Essai de mythologie comparée, A. Durand, 1859 

- Phaure J., Le cycle de l’humanité adamique, Dervy, 1973 

Cet ouvrage de référence est une vaste synthèse qui présente la doctrine traditionnelle des cycles développée et appliquée à notre temps. La cyclologie, ou théorie du temps cyclique, est une conception que l'on retrouve dans la plupart des sociétés archaïques. Selon cette vision, l'écoulement du temps n'est pas linéaire, l'histoire passant pour obéir éternellement à des cycles immuables amenant un retour périodique de l'humanité face aux mêmes situations, cycles dont la durée varie selon les traditions. La plus répandue et la plus ancienne des conceptions cycliques est la mesure védique du temps en quatre âges, encore développée aujourd'hui dans l'hindouisme et le bouddhisme. Le cycle complet dure 12 000 ans environ et débute par un Age d'Or, période où l'homme possède la connaissance spirituelle et vit dans une harmonie parfaite. Puis continence le déclin (perte progressive de la connaissance) qui, en passant par l'Age d'Argent puis l'Age de Bronze, aboutit à l'Age de Fer (Kali Youga) où triomphent l'ignorance, l'égoïsme et le mal. Une conflagration (sous la forme d'un cataclysme cosmique, de guerres ou autre) purifie ensuite l'humanité pour permettre le commencement d'un nouveau cycle, donc d'un nouvel Age d'Or. Bien qu'elle soit en contradiction avec les doctrines judéo-chrétiennes qui véhiculent une vision linéaire du temps, de la Création et de la fin du inonde, la cyclologie s'est perpétuée jusqu'à nos jours, véhiculée par divers courants philosophiques. A l'aide de cette théorie, Jean Phaure a la vertu de nous faire comprendre que ce que nous vivons et la fin de cycle qui nous attend n'arrivent pas pour la première fois et ont déjà eu lieu avec des intensités différentes ; c'est un perpétuel recommencement.


- Schelling F.-W., Introduction à la philosophie de la mythologie (2 vol.), Éd. Montaigne, 1945 

En dépit de l'apparente diversité de leurs objets, les deux parties qui composent cette Introduction à la philosophie de la mythologie traduisent un unique dessein : opposer à la dialectique hégélienne alors triomphante une dialectique plus authentique, car reconduite à sa source grecque - chez Platon, mais aussi, de manière plus inattendue, chez Aristote. La première partie applique cette méthode à la mythologie, et, après avoir fait s'effondrer les différentes «explications» de celle-ci, débouche sur l'historicité radicale du processus au long duquel, dans la métamorphose réglée des dieux, se constitue la «religion sauvage» de l'humanité. La seconde partie va soumettre au travail dialectique le contenu le plus immédiat de la pensée, l'idée de l'Être (ou de l'Étant, comme préfère dire Schelling, là encore fidèle aux Grecs), dont la patiente et minutieuse déconstruction dégagera le noyau caché, l'acte pur d'exister, que la raison ne peut plus contenir et qu'elle doit poser hors d'elle-même comme le point de départ d'une philosophie encore inouïe - la philosophie positive.


- Servier J., L’Homme et l’Invisible, Laffont, 1964 

Jean Servier remet en question les dogmes évolutionniste et matérialiste qui fondent - bien mal - la civilisation occidentale et ne visent qu'à calmer l'angoisse de l'homme blanc et à justifier son racisme.

Si l'on repousse les idées toutes faites et jamais vérifiées de certains savants, les hommes apparaissent égaux en pensée d'un bout à l'autre de l'espace et du temps, et de fait, plus soucieux des choses invisibles que des biens de ce monde. Ils croient tous à la survie d'un principe invisible, l'âme, après la mort charnelle. Partout réside la même volonté de considérer l'invisible. comme la seule vraie patrie humaine, la seule dimension à l'échelle de l'homme.
Face à ces certitudes, notre Occident. en cette fin de siècle, est en proie à une grande peur, qui reflète notre peur de la mort, car l'aventure humaine nous est désormais étrangère.
Apprenons à écouter la voix des sages en haillons qui peuvent encore nous dévoiler leur immense richesse spirituelle. Apprenons à lire dans les humbles traces laissées parles pieds nus de nos frères le mot dé passe de toutes les initiations : ce mot est Univers, sa réponse Homme. C'est la Parole que nous avons perdue...


- Vico G., La Science Nouvelle, Fayard, 2001 -Weininger O., Sexe et caractère, L'Âge d'Homme, 1975

Cet ouvrage classique de la pensée italienne fait date dans l'histoire de la philosophie et de la culture européennes : il marque, à la fin des Lumières, le moment où la réflexion s'émancipe des prétendues «lois éternelles» pour reconnaître son enracinement dans l'esprit strictement humain comme sa dépendance à l'égard de l'histoire. Cette dernière est bien désormais l'objet de la science et il s'agit d'en découvrir les lois intimes. L'histoire n'est ni un destin aveugle ni un produit du hasard, mais un processus rationnel. C'est dans cette perspective que Vico passe en revue les différentes époques dont l'interprétation donne sens au présent : temps primitif et mythique, antiquité, etc. En même temps, Vico analyse les progrès corrélatifs du droit et de l'État.

Weininger Otto, Sexe et Caractère.



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