Thursday, September 09, 2010

Goodbye la prison


Les sites Internet traitant de la conspiration abordent rarement les conceptions ésotériques des loges qui tiennent les rênes du pouvoir. Or, en écartant, consciemment ou inconsciemment, des notions métaphysiques fondamentales, la dénonciation de la conspiration fait le jeu de ces loges car elle se résume à un constat terriblement anxiogène du complot contre l’humanité. Le véritable objectif du catastrophisme (changement climatique, pollution, crise économique, guerre mondiale, épidémies…) répandu sur Internet, le Web, le World Wide Web, littéralement la « toile mondiale », serait-il de décourager et de résigner les populations que l’on enferme dans l’enclos du nouvel ordre mondial afin de mieux les parasiter ?

Il est possible de contrecarrer ce plan, qui est fondé sur la diffusion d'un matérialisme réducteur, en retrouvant les enseignements des sages d’autrefois. Ainsi, « l’âme peut récupérer ses ailes perdues et prendre la voie supra-céleste vers les « constellations invisibles », les seules réelles... ».

Pythagore
Par L. Agathias

Pythagore de Samos est une personnalité dominante du 6ème siècle avant J.-C. Son existence est un fait historiquement établi, mais l’ensemble de ses activités ou de ses enseignements empiète parfois sur le domaine de la légende. De toute manière, il est possible de retenir quelques vérités essentielles, et de les attribuer à sa doctrine et à son mouvement.

Pythagore de Samos est l’héritier-réformateur d’un vaste ensemble de croyances religieuses et scientifiques. Son école, fondée à Crotone en Sicile (Grande-Grèce), est l’expression de cette double orientation de recherche et de réalisation. Attaché particulièrement aux confréries orphiques, Pythagore aboutit à une grande transmutation de leurs pratiques rituelles et magiques. En instaurant son ordre, il arrête la « roue des naissances » de l’âme, par la pratique ascétique exercée sous les règles d’une discipline initiatique. Les membres de sa communauté sont divisés en deux catégories, les Acousmatiques – cercle extérieur – et les Mathématiciens – cercle intérieur – . Les deux groupes suivaient chacun un programme différent ; ils accomplissaient ainsi le cycle de la préparation, pour les candidats, et de l’approfondissement du secret, pour les élus.

Comme épreuves préparatoires on remarque les exercices de silence, de réminiscence et la pratique d’une morale vivante ; formation du caractère, abstinence, régime alimentaire végétarien, etc. La personne du maître possédait une place considérable dans leur âme, il animait toute tension de recueillement, il était, au dire d’Empédocle, « cet homme qui avait acquis un trésor de connaissance et qui, par la tension des forces de son esprit, voyait facilement chacune des choses qui sont en dix, en vingt vies humaines ».

Chez les Pythagoriciens, le sens profond de l’esprit communautaire et la force des liens sont devenus exemplaires dans l’Antiquité. Avant toute œuvre contemplative, le pythagorisme est un « mode de vie ».

Pythagore a réussi à fonder une fraternité religieuse, qui par ses préoccupations philosophiques et scientifiques a pu donner un résultat positif : une fusion de ces deux facultés de l’âme qui sont le rationnel et l’irrationnel. La vie et l’extase mystique s’identifient avec la loi et la spéculation d’Apollon. Son oracle à Delphes sera identifié à la tétractys, la doctrine fondamentale, mystique et scientifique des pythagoriciens. Ainsi s’expliquent leurs recherches harmoniques et leur amour de la musique, pour le rétablissement et la guérison de l’âme. Les mathématiques, l’harmonie des sphères, l’astronomie formulent une mystique des nombres, donnant une exégèse cosmologique du microcosme et du macrocosme. C’est sur la tétrade que les disciples prêtent serment ; elle est la source et la racine de l’éternelle nature, harmonie suprême. Les nombres sont les principes et la substance des choses. Tout est un jeu de rapports numériques, de proportions et de correspondances. Les nombres constituent l’étendue, en ce sens que la monade originelle comporte elle-même de l’étendue. Tout nombre est principe à double titre : en tant que matière et en tant qu’élément formel. Les éléments du nombre sont donc des opposés : Pairs et Impairs, l’un illimité, l’autre limité. Le « un » procède de ces deux ensembles, car il est à la fois pair et impair ; or, le nombre procède de l’UN, et c’est des nombres qu’est constitué tout l’Univers. Ainsi, toute dérivation s’effectue dans la transcendance au réel de l’Unité et de la Multiplicité, qui sont les principes tout à fait premiers. Cette théorie métaphysique des Nombres Idéaux aura pour développement extrême la doctrine des idées dans le platonisme.

Dans tous les textes écrits sur Pythagore ou sur le mouvement pythagoricien, ancien et tardif, l’Univers est présenté comme le théâtre d’un drame cosmique ou se trouve engagée la destinée humaine. Ce drame est constitué par le conflit de deux principes, celui du monde céleste, empire du bien et de la beauté, et celui du monde sublunaire, soumis à la fatalité et à la mort. La tragédie humaine tient à ce que nous sommes à l’intersection de ces deux domaines. La dualité du composé humain attire l’homme vers le monde d’en haut, par la parenté de l’âme qui est une étincelle immortelle ravie aux lumières célestes ; et, par le corps, vers le monde inférieur des ténèbres, du hasard et du mal. Le salut consiste dans le détachement des liens de l’incorporation, produits par les cycles des générations et des corruptions successives, grâce à une conversion vers l’incorruptible et le divin. A cause de cela, les Pythagoriciens, par leur révolution astronomique, ont instauré une véritable religion astrale, dont le développement métaphysique se retrouvera plus tard dans l’Epinomis de Platon. Par la maîtrise des énergies destinées à chacun par les astres, l’âme peut récupérer ses ailes perdues et prendre la voie supra-céleste vers les « constellations invisibles », les seules réelles, comme dira Platon. Cette alchimie spirituelle des morts consécutives est atteinte par tous les moyens : musique pour l’âme, médecine pour le corps, non-participation à l’empirisme mais contemplation permanente des origines.


Une partie importante du livre, « Pythagore, un dieu parmi les hommes », peut être lue gratuitement (cliquer sur la vignette).

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