Thursday, November 03, 2011

Le Dalaï-lama et d'autres représentants religieux demandent l'interdiction du blasphème



L'incendie criminel qui a détruit les locaux du journal satirique Charlie Hebdo est lié au numéro spécial Charia Hebdo. Pour les musulmans, l'édito de Mahomet intitulé L’apéro Halal, une double page de dessins pour expliquer la charia molle ou encore un supplément Charia Madame et un dessin représentant Mahomet avec un nez rouge de clown sont blasphématoires. 

Des religieux, dont le Dalaï-lama, veulent que l’interdiction du blasphème soit inscrite parmi les droits de l’Homme.

Catherine Segurane écrit :

« La deuxième conférence mondiale sur les religions après le 11 septembre s'est tenue à Montréal dans une grande discrétion. Dommage. Elle aurait mérité plus d'attention, car il y a été très sérieusement question de s'adresser à l'ONU pour faire inscrire l'interdiction du blasphème au nombre des droits de l'homme.

Et toutes les religions étaient là, y compris le bouddhisme, représenté par le Dalaï-lama.

L'évènement s'est tenu le 7 septembre 2011 au Palais des Congrès de Montréal.

Y participaient des représentants de toutes les religions, dont le Dalaï-lama et Tariq Ramadan, celui qui demande un simple moratoire sur la lapidation.

Il en est résulté principalement une Déclaration universelle des droits de la personne par les religions du monde un peu spéciale, puisqu'on peut y lire ceci (article 12 alinéas 4 et 5) :

« (4) Chacun a le droit que sa religion ne soit pas dénigrée dans les médias ou dans les maisons d'enseignement

(5) Il est du devoir de l'adepte de chaque religion de s'assurer qu'aucune religion n'est dénigrée dans les médias ou dans les maisons d'enseignement. »

Oui, vous avez bien lu : il est demandé que l'interdiction du blasphème, et même la simple interdiction de critiquer les religions, soit inscrite au rang des Droits de l'Homme.

Tout en ayant approuvé, comme les autres participants, cet appel à la censure, le Dalaï-lama critiqua cependant la censure en Chine. Allez comprendre ... Ou plutôt, on comprend très bien : les religions veulent pouvoir censurer les autres sans être censurées par le pouvoir politique. En fait, elles veulent la théocratie.

Et ce n'est pas tout : cette "Déclaration des droits de l'homme" à la sauce religieuse a l'ambition de remplacer la vraie, celle qui a été adoptée à l'ONU. On peut y lire en effet :

« Ce document vise à reformuler la Déclaration universelle des droits de l'homme, adoptée par l'Assemblée générale des Nations-Unies le 10 décembre 1948 (...) C'est un fait connu, la Déclaration des Nations-Unis a été largement critiquée, d'« occidentale », critique qui tire son origine de l'impression que, lorsque de tels efforts viennent de l'Occident, ils sont une prolongation de l'impérialisme, c'est-à-dire, un effort continu de la part de l'hémisphère occidental d'imposer ses propres valeurs au reste du monde en vue de déguiser l'universalisme. »

Le document de travail originel a été proposé par le Département des affaires religieuses de l'Université Mc Gill de Montréal.

En réalité, les religions réclament le droit d'opprimer les individus. Le théologien Grégory Baum, de l'Université Mc Gill, déclara en conférence de presse que l'Occident ne doit pas imposer ses valeurs de séparation de l’Église et de l’État. Il ajouta :

« Dans certains pays, la religion fait partie de la culture. Se convertir, c'est renier la culture, se couper du reste de la société.L'ONU reconnaît le droit des peuples de défendre leur culture. On peut considérer que ça peut amener à interdire les conversions. Il existe aussi des droits collectifs, un peu comme le Québec qui réglemente la langue. »

Patrice Brodeur, professeur de théologie à l'université de Montréal, expliqua que « La Déclaration fait abstraction de l'importance de la religion ... Après la fin de la guerre froide, on a redécouvert son importance. »

Ces changements rendraient-ils inacceptables les caricatures danoises sur l'islam et la violence ? « Seulement celle où on voit Mahomet avec un turban en forme de bombe, estime M. Brodeur. Le monde musulman vivra éventuellement une modernisation comme celle de la chrétienté, qui a appris à tolérer ce genre de critique. »

Cette revendication d'interdiction du blasphème rejoint une revendication de l'Organisation de la Conférence Islamique (OCI) réitérée depuis de nombreuses années dans toutes les enceintes possibles.

Elle met en grave danger de nombreuses personnes, dont des chrétiens persécutés au Pakistan sous de fausses accusations de blasphème, ce qui explique le refus du Saint-Siège de soutenir à l'ONU les résolutions anti-blasphème qui y sont votées de façon continue. »

Source :

http://www.agoravox.fr/actualites/religions/article/des-religieux-dalai-lama-compris-100802

1 comment:

  1. Avec le plus grand respect pour le Dalai Lama je ne puis que constater son manque d'humour sur ce coup là. Si la liberté d'expression n'était pas la panacée du système lamaïste, elle ne doit pas pour autant s'exporter avec un gouvernement en exil.
    Le refus de la critique et de la moquerie de son propre mode de fonctionnement et des rigidités et limitations de sa culture est, pour moi, proche d'un certain mode de tatalitarisme.
    "Blasphème" dans la bouche d'un être, aussi sympathique soit-il, dont les croyances réfûtent l'existence d'un dieu créateur est un non sens que l'on devrait accompagner d'un gigantesque fou rire cosmique.

    ReplyDelete