Thursday, November 10, 2011

Pas plus d'une semaine chez un bouddhiste




Autrefois, les livres n'étaient pas aussi accessibles qu'aujourd'hui, les personnes qui désiraient connaître une tradition spirituelle devaient entreprendre de longs et périlleux voyages pour étudier auprès d'enseignants renommés.

Les lamas voulaient occulter les véritables préceptes de Shakyamuni, le Sage Shakya, alias Siddhartha Gautama, le fondateur du bouddhisme. Il est vrai que les recommandations du Bouddha sapent totalement l'autorité des moines, des prélats et de toute la tradition lamaïste. Par exemple, selon un texte hinayâniste, le bouddha donne un conseil qui est malheureusement ignoré des dociles sectateurs du bouddhisme tantrique du Tibet :

« Ne vous contentez ni des rumeurs, ni de la tradition, ni de coutumes immémoriales, ni de l’autorité de textes sacrés, ni d’une supposition, ni d’une déduction logique, ni d’une preuve sûre, ni d’une inclination naturelle pour telle ou telle idée après y avoir réfléchi, ni des compétences d’autrui, ni de la pensée " le moine est notre maître ". Quand vous savez en vous-mêmes que " ces choses sont saines, irréprochables, conseillées par celui qui est sage, et qu’une fois adoptées et mises en pratique, elles procurent bien-être et bonheur ", alors vous devriez les pratiquer et vous y tenir… »
Le Bouddha (Kalama sutta)

Pour éviter que leurs techniques de conditionnement soient remplacées par une véritable réflexion philosophique, les lamas ont interdit à leurs ouailles de séjourner plus de sept jours chez les adeptes de l'enseignement originel du bouddha. Enseignement qualifié de « Petit véhicule » (Hinayâna) par les lamas. A l'époque, il était impossible de traverser un pays hinayâniste et de se former auprès d'un éminent enseignant en moins de sept jours.

Dans un texte récent, fondé sur les commentaires du XIVe dalaï-lama et intitulé « Kâlachakra, guide de l'initiation et du guru yoga », on retrouve le mépris de l'enseignement originel du Bouddha dans les nombreux serments exigés de l'initié. En effet, l'adepte du Kâlachakra doit prononcer cette phrase : « Je ne demeurerai pas sept jours chez un hinayâniste ». (« Kâlachakra, guide de l'initiation et du guru yoga », présentation de Sofia Stril-Rever, Desclée de Brouwer, 2002, page 189.)

Le texte affirme aussi la supériorité de la voie dite « de la main-gauche » (la main réservée aux usages impurs). Dans cette voie, on reçoit l'ordre de défier tous les interdits alimentaires, sociaux, sexuels... Les passions ne sont pas maîtrisées. Au contraire, la voie de la main gauche les exalte. Après avoir avoué publiquement un acte pédophile et incestueux, un disciple de Sogyal fut applaudi par l'assemblée de Lérab Ling (Lire l'enquête d'Elodie Emery). Faut-il comprendre que ces applaudissements exprimaient une sincère compassion ou marquaient-ils le soutien à un adepte « avancé » de la doctrine immorale du lamaïsme ? Quoi qu'il en soit, les Tantras « supérieurs », Kalachakra Tantra, Guhyasamâja Tantra, Hevajra Tantra... ainsi que leurs commentaires sulfureux ne sont pas à mettre entre toutes les mains.

Le lamaïsme est donc très éloigné de l'enseignement du Bouddha. En revanche, les lamas véhiculent les conceptions du Shivaïsme tantrique (réforme de Kushâna Kanishka, IIe siècle de notre ère).

Au Tibet, Shiva est nommé Lha Chenpo. Dans la secte de Sogyal Rinpoché le dieu est représenté ithyphallique pour symboliser le pouvoir sexuel. Pouvoir dont usent hypocritement des autocrates du lamaïsme ou du Vajrayâna, la Voie du diamant. Le Vajra, dorjé en tibétain, est l'arme en forme d'éclair primitivement attribuée au dieu de l'indouisme Indra.

Il n'est donc pas étonnant de trouver Shiva (Lha Chenpo) dans le panthéon lamaïste. Helena Petrovna Blavatsky écrit dans Isis dévoilée : « Maintenant, nous devons nous rappeler que Shiva et l'autorité palestinienne Baal, Moloch et Saturne sont identiques. » Dans un forum, un internaute précise : « Les deux noms, Seth et Shiva, sont mentionnés dans la Bible Satanique pour désigner Satan ».

Effrayant, non ?




Le bouddhisme libéré des croyances


Un livre grand public sur le bouddhisme avec une approche thématique développant les points essentiels.
Une vraie explication des enseignements de Bouddha souvent mal interprétés ou mal compris.


Stephen Batchelor est directeur honoraire du collège d’études bouddhiques de Sharpham (Grande-Bretagne). Il a été moine pendant dix ans dans les traditions tibétaine et zen. Son autorité est reconnue dans le monde entier. Il vit actuellement en Angleterre dans une communauté bouddhique où il écrit et dirige des retraites.

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