Tuesday, November 01, 2011

Amma distribue gratuitement des câlins





Après Paris, de nombreuses personnes, qui ressentent le besoin d'un peu de tendresse dans un monde où règne un « ordre cannibale » (selon l'expression de Jean Ziegler), sont à Toulon pour se faire câliner.

Au Zénith Oméga de Toulon, du 31 Octobre au 2 Novembre, Amma, une Indienne de 58 ans considérée comme une sainte dans son pays, fait dans le darshan, l'étreinte censée apporter un grand réconfort. Une bénévole française explique : « Amma n’est pas là pour créer une nouvelle religion, elle insuffle juste un esprit d’amour par son étreinte maternelle ».

Pendant 3 jours, 18 000 personnes se blottiront dans les bras d'Amma. Auparavant, à Cergy Pontoise, du 23 au 25 octobre 2011, 20 000 personnes s'étaient déplacées pour se faire câliner par la Mahatma, la Grande âme.

Alexandra Gonzalez écrit dans le journal France Soir :

« Ces câlins gratuits et désintéressés ne sont pas sans rappeler le mouvement des Free Hugs (« Câlins gratuits »), né en 2004 en Australie. Il s’agit de gens, munis d’une pancarte où il est écrit « Free Hugs », qui proposent aux passants dans un lieu public de les étreindre. Le mouvement s’est rapidement étendu sur tous les continents, et notamment en France, où de nombreux ados se sont mis à proposer des câlins dans les rues des grandes villes. Mais selon François de Singly, sociologue spécialiste du lien social, ces deux démarches sont diamétralement opposées.

« Les câlins d’Amma servent à se retrouver soi-même, on est dans une forme de thérapie où l’on descend à l’intérieur de soi. Il y a une dimension de psychologie religieuse. Il y a une attente mise en scène avant l’acte, puis une émotion primale ressentie dans les bras d’Amma. Cela ne fait pas avancer le lien social, c’est au contraire une démarche presque narcissique. Les gens qui attendent d’être étreint par Amma ne parlent pas forcément entre eux, c’est une foule solitaire. Les Free Hugs en revanche sont plus sympathiques, ils permettent de recréer du lien dans l’espace public. Pour moi, c’est de l’ordre des apéros géants organisés par les jeunes, de la Fête des voisins, ou des amis que l’on cumule sur Facebook. Les gens ne sont pas à la recherche de liens amicaux profonds, car ils souhaitent garder leur liberté, mais ils en ont assez de la vie collective anonyme et veulent nouer des liens légers, qui font du bien mais ne demandent pas trop d’investissement personnel. Ce mouvement des Free Hugs rétablit le fait que nous sommes tous des humains sur la même planète. Cela redonne de l’humanité à notre société. Les étreintes d’Amma sont aussi très positives, mais dans un sens très différent. »


Pour le sociologue, cet engouement pour les câlins, que ce soit à Amma ou à un anonyme dans la rue, n’est pas symptomatique d’un manque d’affection quelconque dans nos sociétés modernes.
« Ce sont juste des manières de se retrouver soi-même et de créer du lien, mais ces valeurs auraient pu s’exprimer autrement que par des câlins. Quand cela passera de mode, on réinventera de nouvelles formes. Tous les types de liens, même les plus légers, comme un sourire dans le métro, font qu’une société reste humaine. »




Si les câlins d'Amma sont gratuits et ne génèrent pas directement des bénéfices, les caisses de l'organisation, qui planifie les tournées d'Amma, sont pleines et permettent de financer des orphelinats, des hôpitaux gratuits, des maisons de retraite... L'argent provient des dons et des ventes de DVD, livres, CD, etc...



Darsham, film consacré à Amma, est réalisé par Jan Kounen, le réalisateur des films Blueberry, l’expérience secrète et de Dobermann qui a une démarche spirituelle.







Même des lamas tibétains viennent chercher un peu de réconfort dans les bras d'Amma. (Il faut reconnaître que le lamaïsme n'est pas toujours très zen.)





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