Monday, April 29, 2013

Masques & dissimulation dans les sociétés secrètes




Comme les incantations et chants du film Eyes Wide Shut, extraits d'une liturgie roumaine orthodoxe jouée en sens inverse, le maître du sabbat émet des sons gutturaux. « Loquebatur marmotando, avoua Thomas Bègue, sorcier dauphinois (Archives de l'Isère B. 4356, fol. 85). Bardonnèche, sa commère, fait également allusion à une voix rauque (même source, fol. 86).

Cette sorte d'élocution, disait déjà Psellos, est voulue. Elle permet au Diable de déguiser ses pensées, de couvrir ses ruses et ses mensonges. On se déguise, en effet, beaucoup au sabbat, au propre comme au figuré. Ces sons étouffés, cette voix caverneuse pourraient sortir d'un simulacre de visage, en bois, en cuir ou en métal.

Le masque — très à la mode au XVIe siècle — apparaît non seulement au Carnaval, au bal, mais encore dans la rue. Tenant au mystère et à la discrétion, Satan en recommandait infiniment l'usage. De là provient aussi le port d'habits retournés, de linges et de voiles, de chapeaux à large bord ou à franges pendantes, qui déroutaient les espions éventuels. Il est permis d'imaginer que le représentant du Diable portait un masque horrible à contempler. Peut-être s'agit-il du masque que l'on brûlait à la fin des cérémonies, afin que les traces disparussent aux yeux des magistrats ?

On peut encore supposer que les curés, les seigneurs, les grands bourgeois amateurs de sensations fortes et d'orgies crapuleuses, aient parfois recouru à l'usage d'un masque pour assister au sabbat en toute quiétude... « Les moines, qui abusaient de la crédulité publique, pour faire diversion à leur oisiveté, ont pu prendre des déguisements ridicules, et faire toutes les extravagances qu'ils attribuaient aux diables. Une chose du moins est certaine et incontestable, c'est que, dans les procès criminels faits aux sorciers et sorcières, le lieu de la scène du sabbat est toujours indiqué dans un endroit voisin de quelque abbaye. » Voilà ce que, très mauvaise langue, Garinet suggère dans son Histoire de la Magie en France. Le bibliophile Jacob (alias Paul Lacroix) remplacera le mauvais moine par un scélérat émérite, « qui abusait de ce rôle affreux en vue de satisfaire ses horribles caprices, et qui prélevait un tribut obscène sur les misérables soumis à sa domination » (Curiosités de l'Histoire des croyances populaires au Moyen Age, p.223).

L'anonymat des riches et des puissants : rien de plus hiérarchisé que le sabbat, se trouvait autant que possible respecté. Il est curieux, en tout cas, de constater que des personnages masqués assistent au déroulement du rituel satanique sur certains tableaux et gravures des XVIe et XVIIe siècles : nous songeons en particulier aux œuvres de Ziarnko et de Michel Herz. Aucun cependant ne porte de masque taurin ou ovin rappelant, même de loin, les rituels de fertilité. Ces personnages n'appartiennent pas au vulgum pecus. Il semble qu'on leur réserve les morceaux de choix. Ils sont plus que des spectateurs, puisque Gaufridy déclare que l'on rencontre trois ordres au sabbat : les masques, les sorciers et les magiciens.

A peine assis, le Diable (ou son représentant) invitait à sa droite la Reine du Sabbat, la plus jeune ou la plus belle fille de l'assemblée. A sa gauche venait se placer une sorcière experte en maléfices et dans l'art de manier les poisons. En chaque village du Labourd, prétend de Lancre, on pouvait trouver, vers 1609, « une Reine du Sabbat que Sathan tenait en délices comme une épouse privilégiée » (Incrédulité, p. 36). Madeleine de Demandolx changea le nom en celui de Princesse de la Synagogue. A l'une d'elles, Martha Carrier, le Diable aurait même promis la place de Reine de l'Enfer. « Maid Marian » en Angleterre, « Wanne Tecla » en Flandre maritime, la Reine du Sabbat était tenue d'offrir sa virginité au maître de céans. Des femmes mariées et des filles ordinaires il exigeait, disons, des plaisirs réservés. En un temps où dans les hameaux subsistait le jus primae noctis, il ne pouvait s'agir que d'une substitution. Le Diable, en somme, passait juste avant le seigneur. Mais le sacrifice du pucelage n'était pas regardé comme un affreux malheur. Les nobles en réclamaient l'offrande et certains religieux (les évêques d'Amiens et les moines de Saint-Etienne, de Nevers, notamment) maintenaient très strictement l'exercice de leur « droit de cullage ». En l'espèce, ils perpétuaient la tradition des prêtres d'Astarté, d'Anubis et de Dionysos.

Roland Villeneuve


3 comments:

  1. Anonymous10:48 AM

    Les enquêtes des personnes qui luttent contre la pédophilie remontent presque toujours aux sociétés secrètes.

    En pleine crise économique, crise d'une ampleur inégalée, le gouvernement socialiste est obnubilé par la loi du mariage pour tous. Son urgence n'est pas le chômage. Non, ce qui lui importe c'est la destruction de la famille traditionnelle. Il y a là un positionnement quasiment métaphysique.

    N'oublions pas qu'il y a d'avantage de francs-maçons autour de François Hollande que dans les gouvernements précédents. « Trois ministères régaliens sur quatre accueillent des ministres francs- maçons, un ratio qui n’a jamais été égalé sous la Cinquième République. » (Sophie Coignard)

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  2. Anonymous11:02 AM


    Les francs-maçons sont de grands dissimulateurs. Ils considèrent que le pire des crimes est de révéler les secrets initiatiques...

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  3. Anonymous1:26 PM

    PEDOPHILIE / JUSTICE / SOCIETES SECRETES / .../ L'A VENIR
    après le mariage pour tous, la pédophilie pour tous programmée ???

    http://lesmoutonsenrages.fr/2013/04/28/lenquete-sur-le-reseau-pedophile-de-stan-maillaud-classee-sans-suite/

    dans les commentaires, le lien PEDOPOLIS

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