Wednesday, March 30, 2011

Le harcèlement au travail



L'entreprise peut en elle-même devenir un système pervers lorsque la fin justifie les moyens et qu'elle est prête à tout, y compris à détruire des individus pour parvenir à ses objectifs ; Dans ce cas, c'est au niveau même de l'organisation du travail que, par un processus pervers, le mensonge sert à la mise en place de l'emprise.

Dans un système économique compétitif, de nombreux dirigeants ne font plus face et ne tiennent que par un système de défense destructeur, refusant de prendre en compte les éléments humains, fuyant leurs responsabilités et dirigeant par le mensonge et la peur. Les procédés pervers d'un individu peuvent alors être utilisés sciemment par une entreprise qui espère en tirer un meilleur rendement. […]

Les entreprises sont complaisantes par rapport aux abus de certains individus, du moment que cela génère du profit et n'engendre pas trop de révolte. Alors qu'elles pourraient permettre aux hommes de s'épanouir, elles ne font souvent que les briser.

Harcèlement


Dans le film Harcèlement de Barry Levinson, nous voyons comment une entreprise rend possible une tentative de destruction d'un individu par un autre. L'histoire se déroule dans une entreprise de Seattle spécialisée dans la fabrication de puces électroniques. Lors d'une fusion avec une firme qui, elle, fabrique des programmes, un responsable doit être nommé. Meredith, jouée par Demi Moore, obtient cette promotion inattendue, au détriment de Tom (joué par Michael Douglas) qui avait pourtant plus d'expérience, de professionnalisme et de compétence pour le poste. On pourrait penser que celle-ci savourerait tranquillement sa victoire... Pas du tout, il lui faut aussi la tête de son rival, car elle est surtout envieuse du bonheur des autres. Tom est un homme sain, heureux auprès d'une femme douce et de deux charmants enfants. Meredith, autrefois sa maîtresse, ne peut lui prendre ce bonheur simple. Elle choisit de le détruire. Pour cela, elle se sert du sexe comme d'une arme. Elle lui fait des avances, qu'il repousse. Elle se venge en l'accusant, lui, de harcèlement sexuel. L'agression sexuelle n'est qu'un moyen d'humilier1'autre, de le traiter comme un objet, pour finalement le détruire. Si l'humiliation sexuelle ne suffit pas, elle trouvera d'autres moyens pour « démolir » sa victime.

Dans ce film, nous retrouvons la lutte pour le pouvoir qui caractérise une agression par un pervers narcissique, mais aussi le besoin de tenter de s'approprier, et, si ce n'est pas possible, de détruire, le bonheur de l'autre. Pour cela on utilise ses failles, et sil n'y en a pas suffisamment on en crée.

Que le point de départ soit un conflit de personnes ou qu'il naisse de la mauvaise organisation de 1'entreprise, c'est à celle-ci de trouver une solution, car, s'il y a harcèlement, c'est qu'elle laisse faire. Il y a toujours un moment dans ce processus où elle aurait pu chercher des solutions et intervenir. Mais, malgré l'apparition des directeurs des ressources humaines, les entreprises, sauf exception, prennent rarement en compte le facteur humain et encore moins la dimension psychologique des relations de travail.

Pourtant, les conséquences économiques du harcèlement ne sont pas négligeables pour une entreprise. La détérioration de l'atmosphère de travail a pour corollaire une diminution importante d'efficacité ou de rendement du groupe ou d'une équipe de travail. La gestion du conflit devient la principale préoccupation des agresseurs et des agressés, et parfois même des témoins qui ne sont plus concentrés sur leurs tâches. Les pertes pour l'entreprise peuvent prendre alors des proportions importantes, d'une part par une diminution de la qualité du travail, et d'autre part par l'augmentation des coûts dus à l'absentéisme.

Il peut d'ailleurs arriver que le phénomène s'inverse. L'entreprise devient alors victime des individus qui la dirigent. Elle est vampirisée par des prédateurs dont l'unique souci est de se maintenir dans un système qui les valorise.

Le harcèlement résulte toujours d'un conflit. Reste à savoir si ce conflit provient du caractère des personnes concernées ou s'il s'inscrit dans les structures mêmes de l'entreprise. Tous les conflits ne dégénèrent pas en harcèlement. Pour que cela se produise, il faut la conjonction de plusieurs facteurs : déshumanisation des rapports de travail, toute-puissance de l'entreprise, tolérance ou complicité envers l'individu pervers.

Marie-France Hirigoyen, « Le harcèlement moral ».


Le harcèlement moral dans la vie professionnelle

Une analyse intelligente des problèmes qui peuvent exister dans les sociétés, qu’ils soient sexuels, moraux ou autre. En 1998 Marie-France Hirigoyen publie Le harcèlement moral et son livre rencontre un succès considérable. Des centaines de personnes ont adressé leur témoignage à Marie-France Hirigoyen et, quatre ans plus tard, elle peut mieux encore mesurer l’ampleur du phénomène “ harcèlement ” et répondre à toutes les questions concrètes qu’il suscite, que ce soit du côté des victimes ou de celui des “harceleurs”. Après Le harcèlement moral, un livre pour aller plus loin dans la compréhension des situations de harcèlement, les prévenir ou les désamorcer.

Quatrième de couverture :

Le harcèlement moral au travail est une des violences les plus destructrices qui soient. Le succès du premier ouvrage de Marie-France Hirigoyen, paru en 1998, démontre que chacun d'entre trous est un jour l'acteur ou le témoin de ce phénomène social dont on ignorait jusque-là l'ampleur. Depuis, les témoignages se sont accumulés, de multiples affaires ont éclaté, dans le public ou le privé, un débat permanent s'est instauré dans les médias entre psychologues, chef, d'entreprises, syndicalistes, parties prenantes de ce fléau ordinaire. Riche de quatre années d'expériences et de réflexions nouvelles, Marie-France Hirigoyen, dans ce second ouvrage paru sous le titre original "Malaise dans le travail, harcèlement moral - Démêler le vrai du faux", affine son analyse, poursuit son combat, afin de mieux comprendre et prévenir.




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Les experts français à Fukushima par Sofia Aram


A Fukushima, les experts japonais ont fait construire un mur de protection de la centrale atomique de seulement 5 mètres de haut. Dans ce pays exposé aux tsunamis géants, c'était un décision criminelle dictée par la recherche du profit. Les experts avaient décrété que le séisme de Meiji San-riku (1896) et le tsunami qui s'ensuivit, mesuré à 38 mètres, ne pouvaient pas se reproduire.

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